Politique | La JNC dénonce la mauvaise gouvernance au Togo à la veille de l’arrivée d’une délégation allemande

Les responsables de la Jeunesse de l’Alliance Nationale pour le Changement (JNC) ont animé une conférence de presse dans la matinée du mercredi 30 mars 2016 au siège de leur parti. Il était surtout question, au cours de cette rencontre avec la presse de mettre à nu la mauvaise gouvernance qui caractérise le gouvernement togolais. C’était également une occasion pour la JNC d’exprimer haut et fort les préoccupations de la jeunesse togolaise à la veille de la venue d’une délégation allemande, composée de diplomates, de députés et d’hommes d’affaires. Cette délégation effectuera le déplacement au Togo les 4 et 5 avril prochain.

Exprimer haut et fort les préoccupations de la jeunesse togolaise et attirer l’attention des autorités et surtout de la délégation allemandes sur la réalité de la situation qui prévaut actuellement au Togo. C’est l’objectif qui sous-tend la conférence de presse de la Jeunesse de l’Alliance Nationale pour le Changement (JNC) tenue le mercredi dernier. Pour la circonstance, les responsables de la JNC, après avoir dénoncé la mauvaise gouvernance qui caractérise le pouvoir togolais au plan politique par le refus obstiné des dirigeants du RPT-UNIR de respecter ses engagements, concernant l’adoption et la mise en œuvre consensuelles des réformes politiques et électorales nécessaires à l’organisation d’élections justes, équitables et démocratiques au Togo, ont interpellé les autorités allemandes, surtout les membres de la délégation qui effectuera le déplacement au Togo prochainement à tout mettre en œuvre pour forcer les autorités respecter leurs engagements vis-à-vis du peuple. « Ces réformes politiques et électorales, prévues au titre des 22 engagements souscrits par le gouvernement togolais en avril 2004 devant l’Union Européenne à Bruxelles, et qui sont repris au titre de l’Accord Politique Global (APG) signé en août 2006 à Lomé, entre le pouvoir et l’opposition, en présence de la CEDEAO et de l’UE, restent lettres mortes à ce jour », indique la déclaration sanctionnant la rencontre avec la presse.

A en croire le président de la JNC Jean EKLOU, au plan sociopolitique et social, la mauvaise gestion, le détournement des deniers publics et le pillage des ressources nationales demeurent la règle ou le leitmotiv des dirigeants togolais. « Cette triste évolution politique et socioéconomique du Togo, fort ressentie par les populations togolaises et particulièrement la jeunesse et les femmes, constitue manifestement la toile de fond de la reprise de la coopération entre le Togo et l’Allemagne », révèle la déclaration liminaire.

A l’endroit de la délégation allemande

Tout en saluant l’initiative de la coopération entre le Togo et l’Allemagne, la JNC entend prendre une distance vigilante et critique de sa mise en œuvre afin de s’assurer que cette coopération répond effectivement aux attentes des populations togolaises qui aspirent à l’Etat de droit, à la démocratie, à la bonne gouvernance et au respect des droits et libertés des citoyens. « Est-il besoin de rappeler que la coopération germano-togolaise, interrompue au début des années 90 en raison du déficit démocratique et des violations massives et répétées des droits de l’homme au Togo, a été reprise avec, en lieu et place des pré requis qui n’avaient pas été diligemment accomplis par le pouvoir togolais, un discours dans lequel les autorités allemandes se voulaient rassurantes quant aux objectifs poursuivis », a révélé le document de la JNC. Se fondant sur des propos des diplomates allemands, la JNC relève : « En décembre 2011, à l’issue de son audience avec le Chef de l’Etat Togolais à Lomé, M. Dirk Niebel, Ministre allemand de l’Economie, de la Coopération et du Développement, déclare que ‘’le gouvernement allemand souhaite soutenir le Togo dans la relève des défis pour le progrès.’’ Selon lui, ‘’les secteurs de la bonne gouvernance, de la décentralisation, du développement des milieux ruraux ainsi que la formation professionnelle sont des domaines cruciaux pour la poursuite du développement au Togo’’. Il ajoute également que ‘’le dialogue politique constitue un aspect fondamental surtout dans la préparation des locales et des législatives’’. En janvier 2016, M.GERD MULLER, Ministre fédéral allemand de la Coopération Economique et du Développement, déclare au sortir de son audience avec le chef de l’Etat Togolais à Lomé : ‘’le Togo dispose d’un grand potentiel de ressources naturelles et humaines et a tout le potentiel pour devenir dans peu de temps l’un des cinq principaux pays émergents du continent africain. Nous voudrions soutenir le pays dans cet objectif, notamment dans les domaines de formations professionnelles des jeunes, de développement rural, l’éducation pour tous les enfants ainsi que des investissements directs étrangers’’. Par ailleurs, M.GERD MULLER annonce l’augmentation des fonds de l’initiative ‘’un seul monde sans faim’’. Ce montant de 6,5 millions d’euros dont 5 millions d’euros pour le programme ‘’centre d’innovations vertes pour le secteur agroalimentaire’’ (2014-2019) et 1,5 millions d’euros pour le programme ‘’sécurité alimentaire et renforcement de la résilience’’ (2015-2019). Les fonds réservés par l’Allemagne aux deux programmes s’élèvent à 10,5 millions d’euros et 5 millions d’euros, respectivement et viennent s’ajouter aux engagements bilatéraux réguliers en faveur du Togo.

En concluant cette rencontre avec la presse, les responsables de la JNC ont lancé une interpellation à l’endroit du gouvernement togolais et ont demandé aux députés allemands de faciliter un dialogue politique au Togo pour : « L’aboutissement des réformes politiques et électorales prescrites par l’APG ; La recomposition de la CENI, après la levée de l’interdiction d’accès à cette institution et le rétablissement dans leurs droits, des membres représentant la coalition CAP 2015 ; Le renouvellement des membres de la HAAC ; La tenue des élections locales ; La levée des inculpations et la libération des détenus dans l’affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé ; L’indemnisation des sinistrés des marchés de Lomé et de Kara ; La libération de tous les autres détenus politiques dont la Cour de Justice de la CEDEAO et les Nations Unies exigent l’élargissement. » Pour la JNC, la coopération allemande doit profiter à l’ensemble des populations togolaises, et non à ‘’une minorité qui s’accapare des richesses du Togo’’.

Idelphonse Akpaki

 

 

   31 Mar 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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