Economie | Gestion calamiteuse des ressources publiques au Togo: A quoi servent exactement les recettes réalisées par les sociétés et entreprises d’Etat

Dans nos précédentes parutions, nous attirions l’attention de l’opinion publique sur les crimes économiques commis par certains Directeurs Généraux de certaines entreprises et sociétés d’Etat et qui ont malheureusement contraint ces Etablissements publics à mettre la clé sous le paillasson du fait de la mauvaise gestion qui a caractérisé leur fonctionnement. Si par le passé, les causes réelles de cette mauvaise gestion ont été méconnues des populations, aujourd’hui, les responsabilités sont situées et les populations bien situées. En effet, la principale cause réside en la dilapidation systématique des ressources de l’Etat par une minorité qui a fait et continue de faire main basse sur les richesses du pays. Même les recettes réalisées par les entreprises et sociétés nationales sont détournées à des fins inavouées. De nos jours, d’importantes révélations sont ainsi faites par d’imminentes personnalités qui maitrisent bien les rouages des finances et de l’économie togolaise. Ces derniers n’hésitent pas à jeter la responsabilité de cette mauvaise gestion des ressources de l’Etat sur les premiers dirigeants du pays.

Elles ont été nombreuses à être victimes d’une mauvaise gestion, les Sociétés et Entreprises nationales qui au finish, ont mis leurs clés sous le paillasson sans qu’on ne sache les causes réelle de leur faillite. Aucun audit pour situer les responsabilités et assainir la gestion à l’avenir. Le phénomène est récurrent puisqu’il n’y a pas de reddition des comptes ni de punition pour ceux qui se sont rendus coupable de la faillite constatée. C’est cas de l’OPAT, TOGOPHARMA, SONAPH, CNSS, CNCA, SONACOM, ODEF, CFT, FER, MARBRERIE, HUILERIE d’ALOKOEGBE, UNSINE TEXTILE DE DATCHA, FER et LIMUSCO. Ces Sociétés et Entreprises publiques ont subi la furie des détracteurs de l’économie nationale. Aujourd’hui c’est probablement le tour de la Compagnie d’Energie Electrique du Togo (CEET) et de TOGOTELECOM d’emboiter les pas à celles citées un peu plus haut. A en croire le député de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et Vice-président de la Commission des Finances à l’Assemblé Nationale du Togo, Ouro-Akpo Tchagnao, la mauvaise gestion des Entreprises et sociétés d’Etat a conduit à une situation de déconfiture de l’économie togolaise. A ce sujet justement, le député de l’ANC a donné des exemples précis sur un certain nombre d’Etablissement publics qui sont au bord de la faillite du fait de la mauvaise gestion qui les caractérise. Il cite entre autres : la Compagnie d’Energie Electrique du Togo (CEET) et Togotélécom. Quand au port autonome de Lomé dont il a fait aussi allusion, il révèle que sa contribution au trésor public est nulle. En effet, aux dires de Ouro-Akpo Tchagnao, le constat a été fait depuis 2013 et surtout dans le budget exercice 2014, que la CEET bien qu’elle soit dans un état de monopole, n’a rapporté au trésor public qu’une modique somme de deux cent millions de francs CFA (200.000.000F CFA.) Paradoxalement à cette situation, explique-t-il, trois (3) ans après, cette société a présenté à la surprise générale, c’est à dire cette année, un déficit de quarante deux milliards de francs CFA (42 milliards F CFA). Comprenez par-là que les ressources ont été mal gérées ou détournées à d’autres fins. Les auteurs de cette mauvaise gestion, à en croire le Vice-président de la Commission des Finances à l’Assemblée Nationale, soutiennent que c’est le paiement des frais d’électricité de certains institutions parapubliques telles : les préfectures, les universités et les mairies qui a ce déficit ainsi créé. « Alors que le ministre de l’économie et des finances collecte des impôts qu’on appelle taxe professionnelle auprès des entreprises et sociétés. Ça fait 1% de chiffre d’affaires qui est prélevé sur toutes les entreprises au Togo. Et cette taxe professionnelle prélevée est destinée aux collectivités locales. Le ministre bloque cette somme soit disant qu’elle est destinée à payer la consommation en électricité des collectivités locales », a laissé entendre Ouro-Akpo Tchagnao qui a ajouté qu’ils ont demandés des explications au ministre à cet effet. Dans sa réponse aux députés, il ressort que cette taxe professionnelle n’a jamais été versée au trésor public. « Nous avons demandé. On nous a dit que cette somme n’a jamais été versée. Les deux milliards sont partis en feu », a-t-il martelé tout révolté. A qui le ministre de l’économie et des finances fait-il le point sur les taxes et impôts que perçoivent ses services ? Ou doit-on comprendre qu’à part le trésor public connu de tous, il y en a un autre que les dirigeants ont créé ailleurs spécialisé lui dans la collecte des recettes de certaines sociétés et entreprises juteuses ? A quoi sont-elles destinées ces recettes si elles ne servent pas à améliorer les conditions de vie et de travail des citoyens et plus forte raison du contribuable qui tire le diable par la queue ? Autant de questions qui viennent à l’esprit des compatriotes qui ne comprennent pas cette forme calamiteuse et incongrue de gestion de la chose publique.

 

En lieu et place d’une reddition des comptes pour assainir les finances publiques et punir les détourneurs de denier public, les premiers dirigeants togolais, vraisemblablement commanditaires de cette gestion indécente et déplacée de la chose publique, ont préféré jouer au jeu de l’impunité de leurs auteurs.

En croire le Vice-président de la Commission des Finances à l’Assemblée Nationale, Ouro-Akpo Tchagnao, contre toute attente et sans que l’Assemblée nationale ne soit saisie, il y a été opéré un changement à la tête de cette société d’Etat, la CEET. « En janvier, le conseil d’administration de la CEET a été changé sans que l’Assemblée Nationale ne soit informée. On a mis en place un nouveau conseil d’administration que personne ne connait jusqu’à ce jour. Et on nous dit que l’ancien Directeur Général a été déposé et qu’un autre a été mis en place sans que la situation n’ait été clarifiée», a-t-il révélé. Toujours aux dires du député Ouro-Akpo Tchagnao, c’est cette même situation qui a prévalu au Fond d’Entretien Routier (FER), une autre société d’Etat qui a mis la clé sous le paillasson à cause de la mauvaise gestion de ses ressources. « Cette situation s’est présentée lorsqu’on avait dissout le FER et dont le DG est libre et circule comme il veut. Il crée même des sociétés qui contrôlent la construction des routes dans le pays », a encore révélé l’élu du peuple. Les autorités togolaises ont-elles opté pour l’apologie de la mauvaise gestion des ressources du pays ? Ou doit-on comprendre que les autorités togolaises au lieu d’agir dans le bon sens pour une gestion saine, ont plutôt choisi la voie de l’apologie de des crimes économiques ? Puisque les mêmes situations se répètent chaque fois sans qu’une sanction ne soit infligée aux auteurs de ces gestions calamiteuses de la chose publique. Ou bien l’impunité est-elle devenue le leitmotiv des dirigeants togolais ?

Les autorités togolaises et le leitmotiv de la langue de bois

Les autorités gouvernementales togolaises n’ont jamais dit la vérité sur les vraies recettes que réalisent certaines grosses entreprises ou sociétés d’Etat. Cette attitude des gouvernants togolais cachent la mafia qui entoure la gestion des finances de ces sociétés et entreprises dont les recettes servent à autre chose et non pour subvenir aux besoins des Togolais. On comprend dès lors cette révélation du chef de l’Exécutif. « C’est une minorité qui profite des richesses du pays », indiquait sans honte ni remords ce dernier à l’adresse de la Nation le 26 avril 2013. Pour s’en convaincre, le Vice-président de la Commission des Finances à l’Assemblée Nationale situe l’opinion publique sur cette forme de pratique qui consiste à gérer la chose publique comme sa propriété A en croire Ouro-Akpo Tchagnao, le budget de l’Etat exercice 2016 à la page 7, rapporte que le port autonome de Lomé depuis 2014 n’a généré comme dividende qu’un milliard trois cent millions de francs F CFA (1 milliard 300 millions F CFA), deux milliards de francs CFA (2 milliards de francs CFA) en 2015 et est prévu deux milliards de francs CFA (2 milliards de F CFA) également pour l’année 2016. L’élu du peuple s’offusque devant ces chiffres avancés par les responsables de cette société publique puisque ladite société est comptée par l’un des piliers de l’économie togolaise. Le paradoxe, aux dires du député de l’ANC est que malgré ces chiffres, il n’y a pas un jour que l’on ait aperçu un bateau en rade sur la mer, c'est-à-dire sur les côtes du port autonome de Lomé. Aux députés, le ministre des transports interpellé, a fait remarquer que ces bateaux sont de passage et sont là juste pour des raisons de sécurité. Ces bateaux, à en croire les propos du ministre, ne rentrent pas dans la cité principale du port om un control en bonne et due forme sera fait que leurs responsables paient les frais qu’il faut. Lorsque la question a été posée au ministre des transports : qu’est-ce que cela rapporte à l’Etat togolais, le ministre répond : « Chaque bateau en rade après 15 jours, paie 1500 euros. Nous avons en moyenne 100 bateaux par jour. Ça veut dire, nous avons en moyenne 200 bateaux qui paient. 1500 euros X 200 bateaux par jour X 12 mois X 650F CFA. Cela fait environ 2 milliards 430F CFA par an. Dans le budget, le port ne rapporte que deux milliards (2 milliards F CFA) ». a-t-il expliqué. Selon Ouro-Akpo Tchagnao, l’activité principale du port ne rapporte rien au budget : « Voilà comment le pays est géré », s’est-il vexé. Et pour maquiller cette mesquinerie des autorités togolaises, tous les moyens sont utilisés : la langue de bois demeure ce moyen solide : « Le Togo est sur la voie du développement ou le Togo se porte extrêmement bien ». Pendant qu’elles pillent les ressources de l’Etat ainsi que les recettes générées par les sociétés et entreprises publiques à des fins inavouées, les autorités gouvernementales s’obstinent à offrir des conditions décentes de vie aux populations. L’exemple du port en dit long. Outre cet exemple, le Vice-président de la Commission des Finances à l’Assemblée Nationale s’est aussi appesanti sur le cas de la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT), ancienne Office Togolais des Phosphates (OTP), poumon même de l’économie togolaise. A en croire Ouro-Akpo Tachagnao, depuis trois (3) ans, la SNPT ne rapporte que trois milliards de francs CFA (3 milliards F CFA). Et pourtant, à l’époque de l’animation politique, durant la période du parti unique où ce parti était à son apogée et où le père feu de tout bois, on chantait pour bluffer le peuple: « Au peuple togolais, phosphate togolais ». La réalité est toute autre sous le règne du fils qui reconnait lui-même que c’est une minorité qui mange à sa faim, qui se soigne dans des centres de santé hyper garnis, qui se la joue comme le semble et tandis que la grande majorité végète dans une misère criarde. Et ce n’est pas le député de l’ANC qui le démentira lui qui révèle à ces concitoyens que: « La Loterie Nationale Togolaise (LONATO) rapporte plus que le port et la SNPT. Pour ce qui concerne Togotélécom, la question ne se pose même pas. Togotélécom est en situation de déconfiture depuis 2013. Elle n’a jamais rapporté un seul franc au budget national depuis 2013…Notre pays est en danger. » Voilà comment on participe au Togo à la bonne gouvernance et à l’assainissement des finances de l’Etat. Ça s’appelle plutôt gangstérisme d’Etat !

Idelphonse Akpaki

   14 Mar 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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