Politique | PASCAL BODJONA UN HOMME DANS SA NOUVELLE DIMENSION

Il a été un temps, j’avais déploré, puis condamné. J’avais prié et espéré sans jamais douter. Une intime conviction venant de mes profondeurs me donna la certitude que la FORCE du droit qui fut anéantie, se relèvera de ses cendres, propulsée par des forces divines, vers la « molécule » de la vérité qui ne peut être désintégrée, parce qu’elle résiste aux injures du temps ; à la rage des hommes, et fini par exploser d’elle-même au visage des raisons inavouées, sous l’œil critique et impitoyable de l’Histoire. Ainsi, dois-je constater non sans émotion, la défaite de l’arbitraire et me réjouir que ses conséquences me conduisent aujourd’hui, à une satisfaction dont les délices me procurent un goût exquis.      

                  

La libération du Grand Citoyen d’État, -qui fut détenu pendant 525jours, pour des causes que la vérité ne reconnait pas, mais dont les effets même de la cause alléguée et exposée déjugent aussi bien la forme qu’ils condamnent le fond dans ses motivations réelles-, a suscité à travers tout le Pays, d’intenses moments de fraternité qui certes, masquaient de façon éphémère, tant d’abîmes de souffrances et de destins de malheurs, mais démontre dans le fond, que le Peuple Togolais révulse l’injustice, et n’est en rien traversé par des  divisions partisanes instinctives, posées comme hypothèse d’instrumentalisation des esprits, par l’omniscience présumée de certains.                  Ce jour-là, il m’apparut que le Destin est venu émouvoir les consciences du fait qu’il est inséparable de l’Histoire, et que désormais, doit s’infiltrer dans les subconsciences, l’inéluctabilité d’une transposition de l’Orchestration Politique cacophonique, dans une nouvelle harmonisation symphonique. (….)

 

En effet, depuis quelques jours, comme vous, j’ai vu ! Comme vous, j’ai entendu des cris de joie aux tonalités multiples, faisant écho au souffle puissant de cette nouvelle dont les diatoniques expriment les mêmes lancinantes notes d’espoir, pour que s’en fût définitivement érigé un État de droit dans la pacification des esprits, et dans le respect des valeurs irréductibles qui auraient dû n’avoir jamais fait défaut à la République.

Parce qu’aucun POUVOIR quel qu’il soit, - même s’il s’en fût considéré ainsi par ses détenteurs- n’est fait comme défini par la possibilité d’en ABUSER, et que ceux qui croient que le POUVOIR est amusant confondent POUVOIR et ABUS de POUVOIR.

Les raisons d’une métamorphose        

Au commencement il « ÉTAIT ». Il « AVAIT ». Charismatique, il remplissait la vie politique de ses multiples talents de stratège, d’habile négociateur et de meneurs d’hommes. De son éloquence innée, il haranguait les foules, forçait l’admiration, suscitait des jalousies. La reconnaissance de sa compétence et de son intelligence irritait au plus haut point ses « détracteurs-comploteurs », en état de déshumanisation avancée du fait de leurs contenances hautaines et méprisantes, hérauts d’une neptocratie dont les insuffisances pathétiques ont fait époque, et nous frappent de sidération. Il se mettait au service de ses idées, de ses convictions et de ses « amis » pour lesquels il se dépensait sans se compter. Il comprenait ses adversaires sans jamais les condamner, ce qui d’une certaine manière lui a conféré un statut incontesté d’homme de dialogue.

Ces traits caractéristiques de son personnage, il les a gardés intacts, car il est ainsi fait. Façonné, et emporté par son exceptionnel altruisme et le sens de la projection de son soi dans la situation de l’autre, il a compris que le Monde n’est pas à l’échelle humaine, et qu’il faudrait qu’il le fût ; et que l’humanisme, ce n’est pas dire :  Ce que j’ai fait, aucun animal ne l’aurait fait, mais c’est dire : Nous avons refusé ce que voulait en nous, la bête ».  Pour preuve ! Son premier geste fut d’aller remercier Dieu ; PRIER pour ceux qui sont restés en prison, ceux qui souffrent dans la chair de leurs corps et de leurs esprits, et ceux qui sont dans la défaveur du destin. Demander Miséricorde pour que le Mal ne l’emporte pas sur le bien, afin que nous fussions sauvés du « suicide Spirituel », rampant et menaçant.                                          

Lorsque l’on sait que la vérité d’un homme se trouve dans ce qui ne transparait pas de ses blessures intimes, et que l’on songe au peu que l’on sait finalement d’une personne qu’on a le plus fréquentée, à l’ignorance où l’on demeure souvent de celle avec laquelle, on a séparément vécu de soi même, l’intimité de ses souffrances et de sa solitude, on est pris de peur à l’idée d’avoir à poser sur le sable mouvant du témoignage humain, la reconstruction d’un caractère, et les préalables qui structurent et déstructurent sa personnalité selon sa capacité d’assumation, d’absorption, et d’évacuation des choses ; de résistance ou d’enlisement dans l’épreuve, et donc de faire l’Histoire d’un Homme.                              

En effet, depuis quelques jours, les commentaires s’enchainent, se suivent et se ressemblent, avec toujours les mêmes interrogations ; les mêmes approximations des prétendus connaisseurs de fond en comble ; les mêmes sons de cloche -concertés-, émis par les mêmes exécutants de la « tonalité indiquée ». Et pourtant, il eut des choses. Moult choses et moult clichés ont volé en éclat pendant que le microcosme politique et médiatique dans lequel s’entrechoquent des « particules » qui se meuvent de disséquer les intrigues et les conjectures, un Homme nouveau a éclos, dans une NOUVELLE DIMENSION.

Un Homme dont la métamorphose s’est faite à l’ombre des murs, mais à la lumière de Dieu. S’il devrait s’agir que je restituasse couleur après couleur, reflet après reflet, les impressions fugitives presqu’imperceptibles aux yeux, de cette métamorphose dont les motifs impondérables ne parlent qu’aux sens, bien incapable serais-je, Car l’homme ne s’appartient plus. Il est devenu un « non voyant » que Dieu conduit vers une destinée quelle qu’elle puisse être.

Tout lui en exprime le possesseur d’un IDEAL (…), de ce dépassement de soi dans l’épreuve, que jamais il n’eut confondu avec un instinct de survie certes humain, mais bassement égoïste. Cette approche Nietzschéenne du « je suis plus que ma vie », il l’incarne avec oblativité. Il a accepté la souffrance, et peut-être même la mort, avec plein d’amour et de pardon dans les yeux pour les hommes. C’est du JESUS ! C’est du sacrifice à « l’héroïsme spirituel ». Le plus haut degré du « don de soi ». C’est l’acte suprême de la personne, que cette projection de soi en avant, et devant soi, pour accepter, subir sans HAINE ni quoique ce puisse être de similaire, ni quelconque émission de ce que la partie basse de l’homme puisse produire comme infamie. Peu d’hommes ont cette capacité, cette dotation de répulsion naturelle de la haine ! Je l’affirme parce que je le sais. Je le proclame sur la chanterelle la plus haut placée. Oui ! Cet homme n’est plus le même ; il a foulé les cendres qui recèlent l’incendie de la HAINE, mais ne soufflât point sur les braises des convulsions HAINEUSES !

Eût-il fallu cette épreuve pour que naquit le Philosophe qu’il est devenu ? Inspiré par une force transcendantale dont les racines s’enfoncent dans les profondeurs de son être REDIMENSIONNE par l’épreuve ?

À première apparence, l’extérieur, c'est-à-dire son « identité » visuelle demeure presqu’inchangée, quoiqu’amaigri, mais repose sur un fond plus complexe qui a connu et subi des transformations unitaires dans le huis clos des replis les plus secrets des voûtes solennelles de son être. La solitude, l’effondrement sur soi par le recueillement. Les soulèvements intenses de ses propres délibérations. Le dialogue intime avec Dieu, l’infiltration cognitive de la Philosophie dans ses nervures ont eu raison décisive sur l’homme, et l’ont modifié, transformé et redimensionné pour une perception constellée d’autres conceptions et considérations irréfutables. Parce qu’il a livré ces propres batailles intimes, et a vaincu ses propres « démons », c'est-à-dire cette partie de nous-mêmes dont nous nous sommes déconnectés, et à laquelle nous ne voulons pas faire face ; ce « loup noir » aux tendances éruptives, enfoui dans la nuit profonde de notre être, qui désactive la raison et qui se trouve en chacun de nous. Sans crainte d’être contredit par quelque audience, permettez, que je proclame ceci : C’est par cette unification de son soi, cette Philosophie, matière la plus élevée de l’esprit, Celle qui interpelle l’homme et qui lui fait prendre conscience des QUESTIONS ESSENTIELLES que Pascal BODJONA a survécu à lui même.  

Comme vous et moi, il sait que la liberté de penser et les profondeurs du cœur sont chez l’être humain, les seuls « territoires » inviolables qui échappent à la domination des hommes, et que la vie a des humeurs imprévisibles et incontrôlables qui justifient les moments de bonheur comme de malheur, et qui en sont la constitution ; et que le « possible » où « l’impossible » ne peuvent trouver résidence dans une destinée que si Dieu l’eût trouvé nécessaire pour des raisons qui nous échappent,  et qui relèvent de ses seules prescriptions. Ainsi, puisait-il sa force ; cette force dont il s’inondait pour remplir d’amour et de courage sa famille, ses proches et ses amis. La passion des autres ne l’ayant jamais quitté, il partageait ses repas quotidiennement avec les autres détenus pour lesquels, il avait les plus délicates attentions.

Intellectuellement en alerte permanente, il revisita des grands auteurs qu’il allait questionner à travers ses « voyages » littéraires, passait des nuits entières, plongé dans des manuels de droit, à lire des arrêts rendus ici et là, par des cours internationales. Il se gavait d’Histoire, conversait en esprit avec Mandela ; s’élevait jusqu’à De Gaulle pour en admirer la stature historique ; évoquait très souvent avec une tristesse infinie, la mémoire de son père ; essuyait quelques larmes intérieures quand il se repassait les souvenirs impérissables du Général Eyadema. Souvenirs qui eussent mérité de ne point périr dans ce qu’il convient malheureusement aujourd’hui de qualifier de mémoire subconsciemment honteuse de bon nombre de ceux qui se targuent d’en être les « condisciples » .

Une nouvelle donne

Alors, se posent à présent, une séquelle de questions sur son AVENIR Politique. Comme vous, je l’ai entendu dire, lors de sa déclaration, que son avenir était entre les mains de son Créateur, seul inspirateur de sa destinée ! Permettez que je souscrive pleinement, et sans réserve à une telle affirmation dans la mesure où, s’étant donné à Dieu par un abandon total de soi, il ne peut qu’être soumis à sa volonté, et d’en faire son préalable. Aussi, m’empresserai-je de souhaiter et d’espérer que toutes les questions liées à cette tentative de « Perforation » de l’insaisissable, dussent être désormais considérées, également, avec une certaine hauteur de vue, et non sous un angle analytique de base commune.

Il a suffisamment connu la solitude pour avoir appris à dompter les ombres, mais il suffit que fût déplacée la sémantique même de cette question sur un plan philosophique, et d’en définir une position  Personnaliste, pour comprendre et en déduire que toute personne a une  signification, et donc une vocation quelle qu’elle puisse être dans l’univers des hommes ; et cette vocation, ossature intrinsèque d’un être, ne pût échapper à son DESTIN ni être l’objet de quelque estocade décisive, portée par la volonté d’autres vocations huchées sur l’Antiquité de procédés fort peu élevés de stature.

Ainsi, sa position politique particulière et sa nouvelle dimension bouleversent et explosent les points géographiques politiques traditionnels sur l’échiquier national, pour le placer d’emblée, en dehors des contingences partisanes au souffle involu, et donc, le situent au dessus de la mêlée.

Il s’agit bien d’une NOUVELLE DONNE POLITIQUE. Il s’agit désormais pour le Grand Citoyen d’État, d’une fibre Gaullienne qui rejette, expulse, tout relent de la division, pour n’avoir que pour seule préoccupation : le souci Majeur de l’intérêt général, l’impériosité obsessionnelle d’un État de droit, et d’une résurrection sociale des populations, de la Grandeur de notre Pays, et les chemins qui doivent être pris ENSEMBLE, pour donner résidence à une exception Togolaise. Un IDEAL TOGOLAIS autour duquel tous les concitoyens d’État, quelles que fussent leurs dialectiques et leurs horizons politiques ou sociales, se rassemblent pour anoblir dans l’esprit National, une Certaine idée de l’homme et de sa place dans l’aventure humaine, dans une République réinitialisée.

Mes relations avec le Grand Citoyen d’État sont l’œuvre des forces de l’esprit. C’est une ordonnance prescrite, signée de la main de Dieu. A ce titre, elles sont incorruptibles et indestructibles. J’ajoute par ailleurs, que la loyauté et la fidélité sont et demeurent pour moi, des valeurs de fraternité et de rapports humains irréductibles, auxquelles je suis viscéralement attaché.

Et je termine ici sur une note personnelle : quels que puissent être ses engagements immédiats, ou futurs, dans quelque domaine d’exercice que ce soit, sachez que ma disponibilité lui est acquise. Comme dirait André Malraux :  « Je lève mon verre à votre Destin ». GRAND CITOYEN d’ETAT par EMINENCE

                            

Cyr Adomayakpor Alban de la Meunière

   09 Mar 2016    by   |                 


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