Politique | « Au-delà de l'alternance, le Togo a besoin d'une rupture », dixit Professeur Kperkouma WALA

Togolaise, togolais, au-delà de l'alternance visons la rupture !

Mes chers compatriotes, nous ne devons pas baisser les bras. Le régime piloté par la minorité qui s'est accaparée des richesses du pays cherche à poursuivre sa main mise sur notre pays le Togo. Le dernier communiqué du dialogue nous laisse tous pantois et dubitatifs quand à un heureux dénouement de la crise politique qui dure depuis un demi siècle et s'active de façon cyclique tous les 25 ans.

Et oui 25 ans, donc toutes les générations. Il est capitale aujourd'hui que les tenants du pouvoir comprennent qu'au delà de l'alternance le peuple togolais dans toutes ses composantes y compris au sein du parti présidentiel réclame le changement.

La politique du changement dans la continuité prônée par le président FEG s'est avérée aujourd'hui un échec. Plusieurs éléments dans la gestion des affaires publiques dans tous les secteurs en témoignent. La revue finale de la SCAPE peut situer plus d'un. Aujourd'hui le PND 2018-2022 n'existe que de nom, et pourtant nous sommes en 2018 et c'est ce document qui doit orienter la politique du gouvernement. Les crises sociales se répètent et s'amplifient. Notre système éducatif est en déconstruction. Notre système de santé peine à offrir des soins de qualité par manque d'un plateau technique adéquat. Dans le secteur des mines les populations locales se sentent exploitées et expriment leur rejet. Le diagnostic de notre administration révèle un cadre très peu efficace.

La balance de la politique du changement dans la continuité penche plus sur des échecs que des succès. Oui il y'a eu quelques succès au plan des infrastructures et quelques avancées au plan social. Mais à quel prix? Au pris d'un surendettement sans précédent. Et pourtant en 2011, notre pays avait atteint le PPTE et vu une grande partie sa dette annulée.

Sur le plan politique, l'échec est total. Aucune avancée objective sur les réformes politiques. Or tous les documents de politique du pouvoir et les rapports et autres documents des institutions internationales s'accordent à reconnaître que sans un assainissement du cadre politique, les efforts sur les autres secteurs ne produiront pas les résultats, effets et impacts escomptés.

Mes chers compatriotes, on peut écrire plusieurs tomes pour illustrer la situation sociopolitique et économique de notre pays.

Au vu du constat fait, il apparaît clair que le Togo notre pays a besoin d'une rupture qui débouche sur une refonte de la société togolaise. Une rupture avec les stéréotypes politiques actuels, une rupture avec les pratiques politiques, une rupture dans la gouvernance de notre pays dans tous les secteurs.

La rupture voulue et arrachée en 1990 a été malheureusement sacrifiée à l'autel des intérêts partisans d'une part et d'autre part à l'autel d'une boulimie du pouvoir usant de pratique politique autocratique basée sur la force pour mettre au pas les institutions de la république. Malgré les cris de détresse du peuple togolais, ni les querelles de positionnement partisans d'une part, ni les méthodes autocratiques n'ont accordé un minimum d'écoute à notre peuple de plus en plus meurtri dans la précarité. Et pourtant les occasions et les dialogues, les concertations, les accords, il y'en eu. Malheureusement ces accords ont juste orné la listes des accords politiques et leur essence n'a même pas été utilisée pour arroser le peuple de leur arôme salvateur.

Pour ce énième dialogue, le peuple togolais est mobilisé et vous suit de prêt, chers hommes et femmes politiques. L'espoir d'une lumière, celle de la rupture avec les vielles pratiques politiques dans notre pays, est en encore permis. Ne transformez pas cet espoir en désespoir.

Car le désespoir sera malheureusement catastrophique pour notre pays. Il fera voler en éclat la retenue dont fait preuve notre peuple. Ce peuple pacifique a payé un lourd tribu pour ces questions de réformes qui devraient être faites bien avant 2010. N'en rajoutons pas.

Pour les avoir traînées à ce jour mes chers hommes et femmes politiques acteurs de premier plan, vous êtes tous disqualifiés en commençant par FEG et ses proches ainsi que tous les autres leaders de l'opposition ayant pris part à l'APG et n'ayant pas permis sa matérialisation.

La rupture, elle s'impose à vous tous et vous devez vous montrer capables de vous accorder sur l'essentiel en patriotes. La jeunesse togolaise n'acceptera pas de nouveau se faire exploiter par l'un ou l'autre camp. L'avenir de tous ces jeunes ne doit pas être hypothéqué par la volonté de conservation du pouvoir par le président FEG et son entourage, ni par des leaders qui font de l'alternance un projet politique.

Au-delà de l'alternance, le Togo a besoin d'une rupture. Nous souhaitons des discours, des actes et des postures qui s'orientent dans la dynamique de la rupture.

Peuple togolais, restons mobilisés. Nous n'accepterons plus que notre pays soit une particularité et que des compatriotes se plaisent à le chanter en toutes circonstances. Il nous revient de rester déterminés pour exiger de tout politique, la rupture.

Jeunesse togolaise, l'avenir se construit aujourd'hui sur base du passé. Conscients de notre passé peu glorieux osons construire un avenir plus porteur de valeurs, de réussites et de fierté, la fierté d'avoir contribué à bâtir l'or de l'humanité.

Dieu et nos aïeux bénissent le Togo.

Kperkouma WALA

 

   25 Feb 2018    by   |                 


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