Culture | Il y 1 an on fermait LCF et City Fm : Le DG Luc ABAKI parle : « Les témoignages restent patents et parfaitement édifiants »

J'aurais dû écrire et publier ce texte dès la première heure de ce 06 février qui consacre les un an de la rupture d'une symphonie idyllique entre La Chaîne du Futur (LCF) ainsi que la radio City FM et les téléspectateurs et auditeurs du Togo et d'ailleurs. Mais j'ai laissé des heures couler et je me suis rendu compte que beaucoup n'ont pas oublié cette date. J'ai lu des écrits à ce sujet ce matin sur des réseaux sociaux, j'ai aussi vu un reposting et des rappels de mes interventions éclairantes de l'époque. Je serai très loin de verser dans une forme de polémique parfaitement stérile et inutile à mes yeux. Je vais donc m'appesantir sur l'essentiel du moins sur ce qui, à mon sens, compte et porte en terme de bilan, un an après la fermeture brutale de ces deux chaînes.


Mais avant je voudrais rendre un hommage mérité au couple Bodjona (Pascal et Zaïna) qui est le promoteur incontestable de ces deux chaînes que j'ai eu l'heureuse chance de diriger pendant une bonne trentaine de mois. Que Pascal Bodjona et son épouse Zaïna restent heureux et fiers d'avoir réussi ce pari de faire vivre pendant 10 bonnes années, deux instruments aussi précieux d'éducation, de formation et de distraction de la jeunesse togolaise à travers les alléchants et délectant programmes dont ces chaînes étaient porteuses. L'émoi que la fermeture de ces deux chaînes a suscité aussi bien au Togo qu'au-delà doit leur donner la preuve qu'ils n'ont pas initié et entretenu une œuvre vaine. J'en viens ensuite à mon premier constat qui me pousse à rendre hommage au Tout Puissant et qui d'ailleurs conforte ma foi en lui; il s'agit bien de la vie de ces jeunes filles et garçons qui, au prix de moult sacrifices, ont investi leur énergie, le savoir et leur savoir-faire pour donner vie à ces deux chaînes 10 ans durant. Ils sont tous vivants, en forme, joyeux et même bien engagés sur d'autres fronts avec plus ou moins de succès.


Bien que n'ayant pas trop été sur place au pays, j'ai toujours eu de leurs nouvelles, il m'est arrivé, à plusieurs reprises de rencontrer nombre d'entre eux à Lomé ici, d'autres se sont même mobilisés à leurs frais pour m'aider à accompagner ma mère à sa dernière demeure à Kouméa dans la Kozah en juillet dernier. Qui l'aurait cru! Qui aurait cru que dans un environnement aussi difficile et austère ou même hostile à l'emploi et au job, ces jeunes innocents méchamment jetés en pâture pourraient se trouver une issue pour se maintenir non seulement en vie mais surtout en très bonne forme! Tout cela n'est que grâce et témoigne à suffisance de la puissance infinie de Dieu et de sa capacité à défendre la cause du juste et de l'innocent. Qu'il me soit alors permis en ces circonstances, de le louer et de lui rendre grâce pour ces merveilles qu'il opère dans la vie de ces jeunes vaillants dont la collaboration, en un peu plus de deux années m'a conforté à l'idée qu'effectivement le Togo a de la richesse, la vraie et l'unique qui peut servir à construire un pays pour peu que l'on sache l'inspirer, l'orienter et l'exploiter à bon escient...je parle naturellement de cette jeunesse aussi talentueuse que regorge ce pays. Je saisis justement cette occasion pour les saluer au passage en même temps que je leur exprime toute ma reconnaissance et ma gratitude pour cette franche et heureuse complicité que nous avons initiée et entretenue ensemble et qui nous a permis durant ce temps de vendre du rêve à nos fidèles auditeurs et téléspectateurs. Il me vient encore à l'esprit qu'au moment de cette ci douloureuse séparation je leur avais dit en des mots simples mais emprunts de foi: "partez dans la foi et soyez fiers car vous n'avez commis aucune faute. Je m'en serais voulu si la HAAC nous avait reproché une faute professionnelle pour fonder sa décision de rompre notre contrat avec le monde des médias et du public qui nous est resté fidèle. A partir du moment où ce n'est pas le cas, sachez simplement que Dieu qui nourrit les oiseaux du ciel, les poissons dans l'eau etc...ne vous laissera guère tomber." Aujourd’hui, un an après, j'observe avec un vif intérêt que j'avais vu juste et je suis encore plus heureux. Puisse Dieu continuer donc de réaliser ses miracles et ses merveilles dans la vie de ces jeunes frères et amis pour qui, vous l'aurez compris, j'ai un attachement particulier. Avant de conclure je voudrais en venir à mon deuxième constat qui reste que malgré les soubresauts, les intempéries sociales et politiques, malgré les manœuvres dilatoires etc....les togolais n'ont aucunement oublié les deux chaînes de télé et de radio dont les produits leur ont été sevrés il y a un an.


Les témoignages restent patents et parfaitement édifiants. Il a donc fallu que LCF et City FM soient fermées pour que je me rende compte ou que je découvre avec intérêt que ces outils que j’avais le privilège de diriger étaient précieux et même importants aussi bien dans la sphère politique qu'au sein de la société togolaise elle-même. C'est incroyable toute l'appréciation que les togolais avaient et ont toujours des programmes de LCF et de City FM! Je n'en avais jamais conscience! C'est donc vrai qu'il y avait une vraie magie qui s'opérait à partir des antennes des deux chaînes sur l'ensemble de tous ceux qui nous faisaient cette gentillesse de nous suivre! Je veux à eux aussi dire un grand merci pour les encouragements et les compliments dont ils nous ont toujours comblés. En manifestant tout cet intérêt pour nous et pour ce que nous faisions, ils nous ont donné des raisons de grandir et d'être ambitieux. Voilà qui continue de nous payer aujourd’hui même bien au-delà de ces deux chaînes que nous avons animées avec passion et amour. Pour conclure je retiens simplement qu'un travail bien fait paye toujours parfois même au multiple, peu importe le temps que cela prendra. Puisse donc Dieu continuer de conforter notre foi partout où nous sommes en un travail bien-fait qui, immanquablement, est toujours bien payé par Dieu lui-même plutôt que par les hommes. Que personne d'entre nous ne commette encore l'erreur de compter sur un quelconque ou hypothétique payement des hommes qui reste toujours relatif et sujet à débats malheureusement   non constructifs et non porteurs. Il se pourrait que ceux qui ont décidé dans leurs officines de sceller le sort de LCF et de City FM aient trouvé satisfaction à leur manière. Mais il demeure plus vrai que ces jeunes dont la vie et le devenir ne leur ont guère intéressé sont entrain, royalement d'être portés au panthéon des héros qui se font enrôler dans l'armée des champions, porteurs de gloire et de victoire.....


Luc K. Abaki

   06 Feb 2018    by   |                 


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