Politique | Arrestation d’Antoine RANDOLPH : Les mauvaises habitudes ont la vie dure au Togo

Le système n’a pas du tout changé au Togo quand bien même l’actuel chef d’Etat, Faure GNASSINGBE, pour détourner l’attention et la vigilance des Togolaises et Togolais argue : « Lui, c’est lui. Moi, c’est. » Ces phrases de la plus haute autorité de l’Etat togolais contrastent malheureusement avec les réalités que vivent les populations togolaises depuis que ce dernier a capté le pouvoir d’Etat dans un bain de sang. L’enlèvement et la séquestration du patriote et résistent togolais Antoine RANDOLPH viennent de donner la confirmation de ce que les pratiques inhumaines et dégradantes, celles qui violent les droits, libertés et dignité de la personne humaine sont toujours érigées en système de gouvernance au Togo.

On le présente comme étant un irréductible patriote et intrépide résistant au pouvoir de feu le général Eyadema GNASSINGBE et de son fils Faure GNASSINGBE. Lui, c’est Antoine RANDOLPH, Docteur vétérinaire de son état et une des figures de proue de l’opposition togolaise. Opposant de la première heure au régime des GNASSINGBE, Antoine RANDOLPH revenu au bercail, après son admission à la retraite à Colmar en France, sera enlevé par des individus non identifiés jusqu’alors pendant qu’il pratiquait le « Yoga » à la plage de Lomé, ce mercredi 17 février 2016. Les premières informations font état de ce qu’il aurait été gardé dans un premier en secret quelque part que nul ne connait avant que d’autres informations ne viennent ensuite indiquer après moult recherches de ses proches et familles. Aux dernières nouvelles, les informations font état de ce que ce dernier est gardé dans les locaux du tristement célèbre Agence Nationale de Renseignements (ANR) où on lui extorquerait probablement des aveux. Quel est le motif ou les raisons de son enlèvement et sa séquestration ? Mystère sur tout cela !! ! Une façon de faire des autorités sécuritaires togolaises qui viole les dispositions de l’article 17 de la constitution togolaise qui stipule que : « Toute personne arrêtée a le droit d’être immédiatement informée des charges retenues contre elle. » Puisque jusque maintenant où nous écrivons ces lignes, les démarches entreprises auprès des avocats de ce dernier par la rédaction de lagazettedutogo.com n’ont rien donné sur les raisons de sa séquestration. Séquestration parce que le fondement de la procédure pénale exige que soit notifié à la personne, les charges qui sont portées contre elle. Cela n’a pas été le cas avec Antoine RANDOLPH. Les mêmes de sa famille rencontrés ne sont pas à même de nous dire réellement les raisons avancées par ces individus-là avant de l’enlever. Et ce qui est grave, d’après nos investigations, il ne lui a pas été permis dans un premier temps d’informer les membres de sa famille. Une violation flagrante des droits, des libertés et de la dignité de ce compatriote d’autant plus les procédures légales en matière pénale en cours ont été violées comme c’est la coutume dans un pays que les autorités qualifient d’Etat de droit.

Amnesty international confirme la détention arbitraire et Jean-Pierre FABRE demande des explications sur l’enlèvement et la séquestration de Antoine RANDOLPH aux autorités

Cet enlèvement et séquestration du patriote et résistant togolais Antoine RANDOLPH intervient justement à un moment où le pouvoir togolais vient d’être épinglé par un rapport d’Amnesty International, une organisation internationale de défense des droits de l’homme. Dans ledit rapport rendu public hier mercredi, Amnesty International dénonce les exactions et l’usage de la force exercé par les forces de l’ordre et de sécurité sur les militants de l’opposition lors des manifestations. Cette organisation internationale de défense des droits de l’homme et des libertés dénonce également la détention arbitraire devenu monnaie courante au Togo et exercée par les autorités gouvernementales. Les faits donnent ainsi raison à cette organisation avec l’enlèvement et la séquestration d’Antoine RANDOLPH. Dans un courrier daté du 23 février 2016, le chef de file de l’opposition togolaise, Jean-Pierre FABRE écrit au ministre de la sécurité et de la protection civile pour avoir des informations sur cet enlèvement et séquestration de l’opposant Antoine RANDOLPH. « J’apprends avec insistance qu’un Togolais de la diaspora, du nom de RANDOLPH Antoine, médecin de son état à Colmar (France), en séjour au Togo, a été arrêté à Lomé et serait détenu par les services de l’ANR », écrit le chef de file de l’opposition au ministre de la sécurité Yark DAMHANE. Jean-Pierre FABRE ignorant tout du sort qui est réservé au compatriote togolais, ajoute dans sa correspondance au ministre : « Je vous prie de bien vouloir clarifier cette situation et me faire savoir les circonstances ainsi que les raisons de cette arrestation. Vous voudrez également me préciser par la même occasion le lieu de détention de M. RANDOLPH Antoine. »

A l’analyse des faits, on est en droit de dire que le régime qui régente l’Etat depuis des lustres n’a jamais changé puisque le système est resté le même et axé sur la violation systématique des droits, liberté et dignité des citoyens togolais. Ce régime n’a jamais changé aussi parce que ce sont les mêmes hommes qui sont aux commandes pour la plupart tapis dans l’ombre. Ils ont travaillé avec le feu et soutiennent et ordonnent dans l’ombre. Ce qui fait que la gouvernance est plus que jamais décriée parce que reposant justement sur l’oppression des populations comme l’a si bien signifié dans son rapport Amnesty International mais aussi l’emprisonnement injuste et injustifié des innocents comme c’est le cas avec l’enlèvement et la séquestration de Antoine RANDOLPH. Si ce dernier, connaissant bien le visage monstrueux de ce régime se reprochait quelque chose à son âge, 70 ans, il ne prendra pas ce vilain plaisir de venir se jeter dans la gueule du loup. Mais comme au Togo, ce que les dirigeants disent sont en déphasage total avec les actes qu’ils posent, on est en droit de dire qu’Antoine RANDOLPH a manqué un peu de vigilance. Mais peu importe, ceux qui prônent à longueur de journée la réconciliation et l’unité nationale doivent comprendre qu’ils deviennent respectueux de la parole donnée.

Au nom de la justice et du respect des droits, libertés et dignité de la personne humaine, libérez Antoine RANDOLPH.

Idelphonse Akpaki

 

 

   25 Feb 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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