Politique | Faure GNASSINGBE et ses promesses au peuple souverain togolais

Démagogie ou langue de bois !  Fuite de responsabilité ou canular ! Quel qualificatif pourrait-on coller aux promesses du chef de l’Etat togolais Faure GNASSINGBE ? Cette question mérite d’être posée quand on sait que nombre de ces promesses ont été faites par cette haute personnalité au peuple souverain togolais devant qui, il a juré, prenant Dieu à témoin, de le servir avec loyauté. Au nombre de ces promesses non tenues, on peut citer entre autres : l’Organisation des Etats généraux dans les secteurs de la santé et de l’éducation, la Mise en œuvre des 68 recommandations de la Commission Vérité-Justice-Réconciliation (CVJR) qui préconisent surtout l’indemnisation des victimes des violences de 2005, la Mise en œuvre des réformes politiques notamment constitutionnelles et institutionnelles et l’Organisation des élections locales et la décentralisation.

Avant d’entrer en fonction, tout chef d’Etat togolais élu par son peuple (même après un forcing ou hold-up électoral comme c’est le cas au Togo depuis 1993) doit nécessairement se conformer aux dispositions de l’article 64 de la loi fondamentale togolaise qui stipule : «….Devant Dieu et devant le peuple togolais, seul détenteur de la souveraineté populaire, Nous..., élu Président de la République conformément aux lois de la République, jurons solennellement:…… de ne nous laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la personne humaine, de consacrer toutes nos forces à la promotion du développement, du bien commun, de la paix et de l’unité nationale; de préserver l’intégrité du territoire national ; de nous conduire en tout, en fidèle et loyal serviteur du Peuple. » C’est après ce serment que l’élu peut se mettre dans la peau d’un homme d’Etat digne de ce nom, respectueux d’abord de la constitution dont il est le garant et d’autres textes et lois qui régissent l’Etat. Ce dernier doit être un homme vertueux et respectueux de la parole donnée. Seulement dans le cas du Togo, le respect de la parole donnée et la tenue des promesses n’ont pas droit de cité. Le respect de la parole donnée et la concrétisation des promesses vis-à-vis du peuple souverain ont déserté le forum. Tenez ! Est-il normal qu’un chef d’Etat prenne des engagements vis-à-vis de son peuple et au moment opportun joue au faux-fuyant en tournant en bourriques son peuple ? Est-il normal qu’un chef d’Etat, en bon homme d’Etat fasse des promesses à son peuple et au moment opportun se mue dans un silence qui ne dit pas son nom laissant le peuple sur sa soif ? Ne dit-on pas généralement qu’« Un homme vaut que par sa parole ? » Parler de cette manière n’est pas faire preuve de dédain ni de rebut envers le chef de l’Etat mais rappeler à ce dernier et son entourage qu’un homme qui tient parole est un homme digne. Cela fait partie des vertus du civisme tant vanté par les autorités elles-mêmes. Le respect de la parole donnée en est une.

Au Togo, nombreuses sont les promesses que le chef de l’Etat a faites à son peuple sans qu’elles ne se traduisent dans les faits. Et bien évidemment, elles ne sont pas des moindres ces promesses. Seulement la concrétisation de ces promesses pose problème. Est-ce parce qu’on n’est d’une mauvaise foi ou bien on a volontairement voulu caresser le peuple dans le sens du poil en lui faisant ces promesses qui se révèlent aujourd’hui démagogiques? L’histoire togolaise retient donc que les autorités dans leur ensemble ont horreur de joindre l’acte à la parole. Cet état de fait dérange la conscience collective surtout quand c’est la plus haute autorité qui s’y adonne. L’Organisation des Etats généraux dans les secteurs de la santé et de l’éducation, la Mise en œuvre des recommandations de la Commission Vérité-Justice-Réconciliation (CVJR) qui préconise surtout l’indemnisation des victimes des violences de 2005, la Mise en œuvre des réformes politiques notamment constitutionnelles et institutionnelles sont les promesses du chef de l’Etat. Pour ce qui est de l’Organisation des élections locales et la décentralisation, il urge de relancer le chef de l’Etat parce qu’il temps que ce dernier joigne l’acte à la parole. En effet, c’est depuis la fin de l’année 2012 que monsieur Faure GNASSINGBE a promis aux populations togolaises la tenue ces élections locales. Pour preuve, dans son adresse à la Nation togolaise le 31 décembre 2012, Faure GNASSINGBE présentant dans ses vœux au peuple togolais disait : « Des élections législatives et des élections locales seront en effet organisées à la fin du premier trimestre. » Elles n’ont jamais eu lieu à la période indiquée et pourtant c’est la plus haute autorité qui l’a promis. Démagogie ou langue de bois ? Un tel acte d’un chef d’Etat ne peut jamais se passer en France ou aux Etats-Unis. Le 13 décembre 2013 lors de la présentation des vœux du Corps diplomatique au chef de l’Etat, celui-ci saisit cette occasion et réitère sa promesse. C'est-à-dire la tenue des élections locales juste après les législatives du 25 juillet 2013 en ces termes : « La prochaine étape sera l’organisation d’élections locales avec l’approche inclusive et participative, indispensable pour mettre en œuvre une politique de décentralisation. Les locales consacreront une véritable réorganisation de l’Etat et une nouvelle forme de gestion du pouvoir permettant aux citoyens de participer concrètement et réellement à l’identification et à la prise en charge de leurs besoins spécifiques. » Une fois encore, aucune date n’a été avancée pour la tenue des élections locales. Le peuple baigne dans le noir. Le 31 décembre 2013, début 2014, toujours en en présentant les vœux du nouvel an à la Nation togolaise, Faure GNASSINGBE s’exprimait en ces termes : « Les locales et la décentralisation font partie des défis majeurs que nous devons relever…Les élections locales et la décentralisation nous ouvriront de nouvelles perspectives. Nous devons toutefois avancer de manières prudentes mais résolue…Le gouvernement a pris les devants en engageant des concertations avec les partis politiques. » Le chef de l’Etat non seulement n’a pas pris soin de donner les raisons qui ont fait que les élections locales telles qu’elles sont été annoncées, n’ont pas pu se tenir mais a préféré laissé les Togolais dans le vide. Mais la surprise sera grande dans les rangs de certains acteurs de la classe politique de l’opposition lorsqu’ils seront reçus en audience par l’ancien ministre de l’Administration et des Collectivités locales, Gilbert BAWARA, qui en lieu et place des élections locales, ce dernier leur propose le partage des municipalités. Voilà ce à quoi rime « les consultations avec les partis politiques » dont parlait le chef de l’Etat Faure GNASSINGBE. Et c’est devant le refus de ces responsables politiques de l’opposition de se partager les municipalités telles un gâteau que l’organisation de ces élections locales ont été rangées dans les placards parce que cette proposition n’a rien de démocratique. A quoi ont-elles servi ces promesses du chef de l’Etat si on se rend compte que les autorités togolaises s’obstinent toujours à organiser ces élections locales ? Que valent donc la parole donnée du chef de l’Etat ? Et que valent ces promesses sur la tenue de ces élections locales ? Monsieur le président, « un homme ne vaut que par sa parole », dit-on. Il est donc temps de respecter votre parole donnée en ordonnant l’organisation des élections locales afin de confier la gestion des affaires aux populations pour un réel développement à la base. Le peuple vous attend.

Idelphonse Akpaki

   23 Feb 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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