Culture | Toto Tchilatchi milite pour la promotion des rythmes traditionnels.

De nationalité togolaise, Kwami DJIMADJO alias TOTO TCHILATCHI est un artiste pétri de talents. Depuis son plus jeune enfance, Toto Tchilatchi manie à la perfection plusieurs instruments de musique tels que : la guitare, la percussion...Auteur de deux albums, l’artiste peine à émerger. Il jette cependant un regard critique sur la musique togolaise.

Quel regard portez-vous sur la musique togolaise ?

La musique togolaise se porte plus ou moins bien. Elle n’a pas encore retrouvé ses repères, puisqu’on continue à se chercher. On fait plus la promotion des musiques venues d’ailleurs et c’est vraiment dommage. Moi particulièrement, ma musique est basée sur les rythmes locaux. Et nous ne sommes pas nombreux à faire ce genre de musique dans le pays. Beaucoup de promoteur font plus la promotion des musiques commerciales. Ce qui n’est pas normal. On devrait d’abord valoriser notre identité avant de se tourner vers ce qui vient d’ailleurs. Moi, je fais plus la musique en live. Alors que nos petits frères ne le font pas. Ils préfèrent travailler depuis leurs ordinateurs. Et ce qui est dramatique dans tout ça, est que plusieurs d’entre eux ne savent pas jouer à un instrument de musique.

Que ressentez-vous quand on fait plus la promotion de la musique étrangère ?

Je suis vraiment blessé au fond de moi quand cela arrive comme ça. Car on a tellement de rythmes, de cultures traditionnelles dans tout le Togo à promouvoir. Je pense qu’on empoisonne les mélomanes en leur servant ce genre de musique. Prenez un peu l’exemple de la musique que nous exportons. Elles sont toujours d’actualité. On éprouve toujours le même plaisir en les chantant. Nous devons plutôt faire la promotion de cette musique car elle est unique. Écoutez un peu le dernier album de Peter Solo. Il est magnifique.

 

Dites-nous ! Avez-vous du soutien de l’état togolais ?

Oui. Nous sommes soutenus avec le fonds d’aide à la culture. Mais moi, je n’en bénéficie pas. J’ai cru entendre auprès de certains amis musiciens que le fonds existe mais il est très insignifiant. Pire pour avoir cette aide, il faut passer par plusieurs portes. Beaucoup de collègues qui avaient de bons dossiers n’ont jusqu'à présent pas reçu d’aide ?

Et comment se porte la carrière de Toto Tchilatchi

Je suis toujours musicien et ma particularité et que je fais beaucoup de live. Je travaille actuellement beaucoup depuis la sortie de mon second album « New Age ». Il est toujours sur le marché. Mais je suis confronté comme tous les autres musiciens au problème de promotion. Je fais beaucoup de scènes et suis actuellement à la recherche d’autres opportunités pouvant booster ma carrière.

Toto Tchilatchi vit-il de son art ?

Non. Moi je ne vis pas de mon art. Il n’a pas de véritable d’industrie musicale au Togo. Seul 5% d’artistes togolais arrivent à tirer leur épingle du jeu car ils ont eu la chance d’avoir de bon producteur.

Quels sont les projets d’avenir de Toto Tchilatchi ?

Je tiens à valoriser notre culture. Je sillonne depuis quelques mois le territoire togolais pour travailler sur nos différents rythmes. Les Camerounais ont le « Bikoupsie ». Les Ghanéens ont le « High Life ». Prenez l’exemple d’Ibrahim Fera. C’est un monsieur qui a longtemps joué dans des cabarets. Pendant cette période, il faisait des recherches sur les rythmes de chez lui. Quelques années plus tard, sa patience à payer. Moi, je veux me démarquer des autres. C’est pour cela que je prends mon temps pour faire un travail de fond.

Propos recueillis par Daniel ADDEH

 

 

 

   23 Feb 2016    by   |                 


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