Economie | L’expert en économie et finances Thomas Dodji KOUMOU se prononce au terme du Sommet citoyen

Je viens de participer au sommet citoyen de la CEDEAO organisé par les Universités Sociales du Togo. J'ai promis de publier mon intervention qui porte sur le thème " bonne gouvernance, croissance inclusive et cohésion sociale". je vous prie de trouver ici la première partie.

 Avant d’aborder la mauvaise gouvernance, synonyme d’inégale répartition des richesses produites dans nos états, constituant de fait une entrave à la véritable cohésion sociale, il nous parait essentiel de rappeler à nouveau la faiblesse ou l’insuffisance des taux de croissance économique réalisés par nos états. Nous n’avons cessé à Veille Economique de mettre l’accent sur la faiblesse des taux de croissance économique des pays de l’Afrique subsaharienne en générale et ceux de la CEDEAO en particulier. Au-delà de cette insuffisance, les performances économiques de nos états sont inconstantes dans le temps.

Selon le document du Fond Monétaire International (FMI), intitulé, les Perspectives économiques régionales - Afrique subsaharienne - un changement de cap s’impose, les moyennes des taux de croissance économique (2015-2017) seraient respectivement pour la zone UEMOA, le Ghana et le Nigéria, de 6,5%, 5,3% et 2,83%. Nous estimons que ces taux de croissance sont faibles non seulement parce que nos états ont des niveaux de PIB relativement faible, mais aussi des paramètres tels que le taux de croissance démographique et le taux d’inflation qui annihilent l’effet de la croissance.

En terme de variabilité, on note que sur 14 ans (2004-2017), l’UEMOA, le Ghana et le Nigeria enregistrent respectivement 1,91%, 3,13% et 2,71%. Ceci montre clairement l’inconstance de la performance de nos économies entrainant de fait un niveau de risque élevé de ces dernières.

Lorsqu’on se trouve à ce niveau de taux de croissance économique et que l’on considère les paramètres tels que la croissance démographique, le taux d’inflation et le détournement massif des deniers publics (corruption), il devient évident qu’il n’y aucune chance que les populations puissent ressentir les fruits de cette croissance. Les investigations de Global Financial Integrity (GFI) sur les sorties des flux illicites des pays en développement, illustrent parfaitement l’impact négatif de la corruption sur nos économies. Selon GFI, sur 10 ans (2004-2013), les sorties de flux illicites de certains pays se présentent comme suit :

 

  • Le Nigéria (10ème rang mondial, 178 040 millions de $ us soit 26,37% de toute l’Afrique subsaharienne),
  • La Cote d’ivoire (48ème mondial, 23 344 millions de $ us, soit 12 255 milliards de FCFA),
  • Le Togo (49ème mondial, 22 293 millions de $ us, soit 11 704 milliards de FCFA).

En dehors du Sénégal et du Libéria, les autres pays de la CEDEAO peuvent être considérés comme de bons élèves. Les ressources illicites qui sont sorties des pays de l’Afrique subsaharienne entre 2004 et 2013 représentent 674 977 millions de $ us soit 354 362 925 000 000 FCFA. Pour ce qui concerne la CEDEAO,   ce montant représente 267 287 millions de $ us soit environ 140 325 675 000 000 de FCFA. Le Nigéria, la Cote d’ivoire et le Togo qui représentent les trois meilleurs de la CEDEAO, totalisent 83,68% de ce montant.

En définitive, pour boucler cette première partie, nous estimons qu’avant de penser à une hypothétique redistribution des richesses gage d’une cohésion sociale, il faut mettre en œuvre des politiques économiques à même de créer davantage de richesse. Au demeurant, cette insuffisance et inconstance de la croissance économique de nos états à pour cause première, la mauvaise gouvernance.

Puisse la Divine Providence veiller sur nous et marcher à nos cotés

Thomas Dodji Nettey KOUMOU

Veille Economique

   19 Jul 2017    by idelphonse Akpaki  |                 


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