Economie | Thomas Dodji KOUMOU parle de la provenance des ressources utilisées dans la gouvernance du Togo : Les recettes fiscales

Les recettes fiscales (sources : budgets 2016 - 2017) sont composées d’impôts directs (exemple : impôts sur les sociétés ou IS, droits d’immatriculation), d’impôts indirects (Taxes sur la valeur Ajoutée ou TVA), de droits d’enregistrement de timbres ou taxes, de conventions assurance. Je vous dispense de l’exhaustivité de ces impôts. A ce stade je voudrais préciser que tous les togolais sans exception payent la TVA. al TVA représente pour 2017 environ 289 milliards de FCFA soit 46% du total des recettes fiscales. Retenez ainsi que les voyages de son excellence le Président FAURE sont payés par ces ressources. C'est donc vous et moi qui payons ces voyages.

En terme de chiffre, les recettes fiscales de notre pays ont progressé ces trois dernières années faisant croire à une certaine performance de l’Office Togolais des Recettes (OTR). Quelques analyses pour vous éclairer.

Selon les montants des budgets prévisionnels, qu’il faudrait comparer à ceux de la loi de règlement, nous avons respectivement pour 2015, 2016 et 2017, 517 milliards de FCFA, 575 milliards FCFA et 625 milliards FCFA de recettes fiscales. Sous réserve de la loi de règlement, nos recettes fiscales ont ainsi semble-t-il, progressé de 11,21% entre 2015 et 2016, et de 8,69% entre 2016 et 2017. In fine, on a une hausse de 20,88% sur trois ans. Ceci veut-il impliquer que l’OTR est performante ?

Examinons les deux rations de structure qui évaluent le rapport des recettes fiscales par rapport au total du budget et par rapport au PIB.

En 2015, le ratio, recettes fiscales rapporté au budget est évalué à 59,84%. Il passe à 59,72% en 2016 et à 51,28% en 2017, soit une baisse de quasiment 8 points sur les trois dernières années. Ceci signifie que les recettes fiscales progressent moins vite que le budget. En d’autres terme le Togo dépense l’argent dont il ne dispose pas. Il faut donc conclure que l’OTR n’est pas si performant qu’on le prétend par rapport à l’antériorité. Cette baisse a également de toute évidence pour cause la baisse du volume de l’activité économique. Cela signifie également que le Togo a de plus en plus recours à de la dette et à des ressources des partenaires pour combler son déficit.

Selon le budget 2017, le ratio recettes fiscales rapportées au PIB est de 21% en 2015, 21,72% en 016 et 22,05% en 2017. Une fine progression d’environ 1 point sur trois ans. Bien que le Togo respecte le critère de convergence du pacte de stabilité qui veut que ce ration soit supérieur ou égal à 20%, on constate avec regret une stagnation de ce ratio confirmant ainsi la morosité de notre économie et l’inefficacité des politiques économiques des gouvernants depuis 10 ans.

La conséquence de cette faiblesse des recettes fiscales, c’est l’accroissement vertigineux de la dette publique. Afin de faire progresser notre niveau de recettes fiscales, les gouvernants sur recommandation des partenaires (FMI) veulent opérer l’élargissement de l’assiette fiscale. Nous avons déjà dit que cette pilule sera à notre avis difficile à avaler pas nos compatriotes. L’idéale dans les conditions actuelles serait un élargissement de l’assiette fiscale par la création de nouveaux secteurs d’activité. Il faut dans ce cas bien reconnaitre que cela demande de la compétence et de l’ardeur au travail. Avons-nous des gouvernants qui possèdent ces qualités ? Espérons que les séminaires de formation gouvernementale serviront finalement à quelque chose de positif.

Les prochaines fois je vous parlerai des recettes non fiscales en vous démontrant les blessures que les gouvernants causent à notre pays.

Puisse la Divine providence veiller sur nous et marcher à nos côtés. 

Par Thomas Dodji Nettey KOUMOU

Veille Economique

   24 May 2017    by idelphonse Akpaki  |                 


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