Education | Dans l’enfer de l’EPP de Sémanoukopé : Une réalité qui provoque la colère et la révolte

Ici, la classe jumelée de CM1 et de CM2 de l'EPP de Sémanoukopé. Les élèves sur des bous de bois

L’Ecole Primaire Publique (EPP) de Sémanoukopé dont la photo a circulé sur les réseaux sociaux la semaine dernière et que nombre de compatriotes ont pensé à des photos montées, a poussé notre curiosité d’où la visite des lieux. Sans ambages, l’on peut dire sans crainte que la photo de l’EPP de Sémanoukopé est belle et bien dans un état comateux à la surprise générale. Une équipe de « La Gazette du Togo » a fait le déplacement sur les lieux et a pu ramener d’autres images plus révoltantes. Et pourtant, Sémanoukopé à 140 km de la capitale togolaise (Lomé-Sémanoukopé : 140 km).

Au même moment que le président de tous les Togolais, Faure GNASSINGBE décide de payer frais d’inscription au BEPC rien qu’aux candidats de la préfecture de Tchaoudjo, oubliant le reste des candidats sur le plan national et que son ministre de développement à la base Victoire TOMEGAH choisit quant à elle de pondre un projet sur la création de cantine scolaire pour quelques établissements scolaires seulement sur le territoire national togolais, en ce même moment, les tristes réalités de l’Ecole Primaire Publique (EPP) de Sémanoukopé et Kota viennent démystifier ces actes posés par ces deux autorités. Au Togo, c’est une réalité que les tous les citoyens n’ont pas les mêmes chances et ne sont pas égaux ni devant la loi ni la jouissance d’un bien commun. Les cas de l’EPP de Sémanoukopé surtout mais aussi de Kota en sont une très bonne illustration de la politique de ségrégation et de deux poids deux mesures érigée en système de gouvernance.

C'est la classe jumelée de CE1et de CE2 détruite par un vent fort il y a 2 semaines. Les cours sont toujours faits ici dans ces conditions et quand le soleil frappe fort, les élèves sont priés de rentrer à la maison et de revenir après quand l'ombre couvre la localité

En effet, ces écoles précitées, sont elles aussi des établissements scolaires publics qui font partie intégrante, tout comme les autres qui bénéficient des largesses des dirigeants togolais. Et pourtant, elles sont reléguées aux arrières plans. A voir la manière dont les autorités togolaises, au premier plan le chef de l’Etat gèrent la chose publique en plus particulièrement l’éducation au Togo, on a comme l’impression que ces derniers n’ont pas opté pour : « L’essentiel avant l’agréable » parce que les deux actions posées par, et le chef de l’Etat et son ministre du développement à la base, en ce moment où l’éducation est en déconfiture au Togo, n’ont pas leurs raisons surtout face à la grogne des enseignats.

En 2016 au Togo, regardez les conditions dans lesquelles les élèves étudient à l'école. Des bouts de bois pour soutenir des planches considérés comme des tables bancs

Sinon monsieur le président de la République vous avez fait le mauvais choix entre payer les frais d’inscription aux candidats au BEPC de Tchaoudjo en oubliant normalement de dépenser ces sous pour construire un établissement scolaire quelque part où il y a manque cruel d’infrastructures scolaires afin de sauver l’avenir de la relève de demain, c’est-à-dire de ces fils et filles togolais qui n’ont même pas de tables bancs sur lesquels ils poseront leurs cahiers pour recopier les cours. Pire, ils n’ont même pas de toit pour se mettre à l’abri du  soleil dont les rayons sévissent aujourd’hui au Togo. Ces pauvres êtres sont abandonnés à leur triste sort à cause de la mauvaise politique dont fait montre le système qui a pris en otage les Togolais depuis des lustres. Ce choix que vous avez fait, rappelons-le est mauvais et demande que vous vous déplaciez dans ces hameaux les plus reculés pour toucher du doigt le calvaire que vivent les populations et plus précisément les pauvres enfants qui sont eux aussi citoyens comme vos enfants. Et ce n’est seulement pas en période électorale que vous devez ménager votre emploi du temps pour aller flatter et bluffer ces populations que vous abandonnez par la suite ? Oui flatter et  bluffer parce que cela fait partie de vos habitudes. Puisque lors de votre campagne électorale à la présidentielle d’avril 2015 dernier, vous avez promis aux populations d’Agoè la construction d’un hôpital moderne vous avez dit à l’époque. Aujourd’hui, elles ne sentent même pas l’odeur de cette promesse. Cette promesse à l’époque  a fait rire nombre d’observateurs habitués à ces discours qui frisent au finish la démagogie. Rappelez-vous aussi monsieur le président que vous aviez promis lors d’une de vos adresses à la Nation, l’organisation des Etats généraux dans les secteurs de la santé et l’éducation. Ces Etats généraux n’ont jamais eu lieu jusqu’aujourd’hui. Quatre (4) ou cinq (5) ans après votre discours et les promesses qui ont suivi, rien. Et pourtant, vous êtes un homme d’Etat qui devait faire de la parole donnée, votre leitmotiv. Ne dit-on pas qu’ : « Un homme vaut que par sa parole ? »

Nous avons assisté à la remise en état normal de la classe jumelée du Ce1 et du CE2

On est ahuri et scandalisé, madame la ministre du développe à la base, Victoire TOMEGAH, lorsque vous présentez projet de création de cantines dans les établissements scolaires du pays qui ne tiennent pas compte de certaines réalités scolaires. Comme le chef de l’Etat, vous avez aussi fait preuve de ségrégation parce qu’en tant de ministre, vos projets doivent couvrir tous les citoyens concernés. Certains établissements scolaires n’ont pas joui des fruits votre initiative que vous avez tant vanté. Vous êtes à plaindre parce qu’au moment où vous vous vantez d’avoir créé des cantines scolaires, nombreux sont ces établissements scolaires qui manquent cruellement de tables bancs.  Mais le hic dans tout cela, est qu’avant de manger, il faut s’asseoir ! Ou bien madame la ministre. Vos actions ne sont pas inspirées sinon vous comprendrez que vous devez mettre à l’aise ces apprenants-là, les mettre dans de bonnes conditions de travail avant de chercher à leur bourrer le ventre. Il se trouve aujourd’hui qu’au moment même où votre projet de création de cantines scolaire fait son bonhomme de chemin, des établissements scolaires sont dans un état comateux comme l’EPP de Sémanoukopé. Madame la ministre, il serait illusoire de chercher à donner à manger à des gens qui cherchent à s’asseoir dans une salle de classe confortable. Comment à ce moment même de la mise en œuvre de votre projet, il se trouve dans la même République qu’une école « PUBLIQUE » se trouve dans ces conditions où les apprenants doivent suivre le cours sous le soleil ? Où les infrastructures scolaires manquent cruellement pendant que vous concevez des projets dans le même domaine.

Pour couvrir le toit de la classe jumelée de CE1 et de CE2, il a été demandé comme vous le voyez sur cette image l'apport des élèves.

Les conditions dans lesquelles travaillent la plupart des acteurs du monde éducatif togolais, surtout ceux vivant dans les hameaux les plus reculés sont déplorables et demandent un minimum d’humanisme de la part des dirigeants de ce lopin de terrain rectangulaire. C’est vraiment affligeant de voir de pauvres enfants, sous une paillotte, parfois sans tableau et assis sur du bois. C’est affligeant de voir des fils et filles togolais assis à l’air libre pour suivre des cours sous un soleil de plomb pendant que les enfants des dirigeants togolais sont, soit à l’étranger à l’abri des difficultés que traverse l’éducation togolaise ou soit dans des écoles étrangères de la place. C’est méchant et à la fois révoltant de vivre dans un pays où les dirigeants ne cherchent qu’à plaire à l’international en sacrifiant le peuple et en le soumettant encore et encore. J’étais à Sémanoukopé et je suis révolté de voir mes frères et sœurs vivre cette méchanceté humaine sur la « Terre de nos Aïeux ». Soyez un peu humain !!!

J'ai vécu ces choses horribles et suis bien révolté quand dans mon pays je me rends compte que c'est une minorité qui a tous les privilèges et les autres rien. Surtout ces pauvres êtres

Suivez le dossier vidéo des horribles réalités de Sémanoukopé

Idelphonse Akpaki

 

  

 

   06 Dec 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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