Sociale | La LTDH et la LCT se prononcent sur la détention de deux jeunes arrêtés au cours des échauffourées à Zéglé

Déclaration conjointe de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme et de la Ligue des Consommateurs du Togo relative à la détention de deux jeunes de Zéglé à la prison civile de Tsévié suite à la manifestation des populations le 22 Août 2016.

Le 22 aout 2016, les populations de Zeglé Apéyéme (Préfecture de Zio) avaient prévu manifester pacifiquement pour réclamer de meilleures conditions de vie et le respect des engagements pris par la société d’exploitation minière (SNPT) en ce qui concerne leurs logements d’une part et des infrastructures de base d’autre part (Ecole, Centre de Santé & eau de boisson).

Informées, une mission composé de plusieurs organisations s’est rendu sur les lieux le 23 Aoùt et 9 septembre 2016 et à rencontré plusieurs acteurs. L’objectif de la mission était de recueillir des témoignages sur les circonstances des manifestations et de documenter l’utilisation excessive de la force.

La manifestation a été malheureusement très vite dispersée par les forces de sécurité avec plusieurs victimes qui ont des contusions et des blessures du fait des balles en caoutchouc et/ou des bâtons. Une source médicale locale a accueilli et traité neuf (9) personnes et a précisé que d’autres blessés sont allés directement aux centres hospitaliers des localités environnantes. Les forces de sécurité ont été appuyées par les militaires du 1er régiment d’infanterie en charge de garder les installations minières. Elles ont fait usage de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de gourdins pour disperser les manifestants. Elles ont poursuivi les manifestants jusque dans leurs maisons. Certaines personnes ont déclaré avoir été frappées à la maison alors qu’ils n’ont même pas pris part aux manifestations.

Au cours de la répression, un gendarme est décédé alors qu’il était en train d’être évacué sur un centre de santé. Selon nos sources d’information, il serait mort d’une crise et que ce n’est du fait des manifestants.

Un peu plus tard, c'est-à-dire le 9 septembre 2016, la mission a fait la rencontre de certaines autorités à savoir celles de la gendarmerie de Kpomé qui est territorialement compétente pour l’encadrement de la manifestation,  qui nous a renvoyé à la hiérarchie à Tsévié. Le Commandant du groupement de Tsévié nous a à renvoyé à son tour à la hiérarchie supérieure selon leurs termes. Le procureur a été ensuite rencontré qui accuse le jeune de rébellion et de violence envers les forces de sécurité. Il ajoute qu’aucune enquête n’est ouverte sur les blessés du coté de la population parce qu’il n’y a eu aucune plainte dans ce sens.

A la prison civile de Tsévié, la mission a rencontré le jeune homme arrêté en la personne de AFANGBEDJI Kokou 23 ans, Maçon carreleur, marié avec un enfant, qui dans ses déclarations à fait part des cas de torture sur sa personne à la gendarmerie de Tsévié. Il a toujours les cicatrices des plaies dues aux coups qu’il a reçus lors de son arrestation.

Le 16 septembre 2016,  jeune homme FOLLIKOE Komlan qui avait fui et a laissé la moto au moment où la répression policière a débuté dans la matinée du 22 Aoùt 2016, a été arrêté et mis en prison alors qu’il est parti chercher sa moto à la gendarmerie de Tsévié. Le procureur joint au téléphone a confirmé l’arrestation en ces termes: « il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt parce qu’il était également dans la manifestation.. Il était venu à Tsévié pour la moto et on a profité pour l’arrêter. C’est la même affaire et c’est les mêmes chefs d’accusation que le précédent. Il est en prison actuellement en attendant le jugement ».

Les organisations signataires à la présente déclaration après analyse des circonstances et de l’usage excessif de la force, demandent :

- La libération sans conditions des jeunes arrêtés et écroués à la prison civile de Tsévié,

- La prise en charge des blessés,

- La restitution de la moto.

A quelques jours où notre pays sera devant la commission des droits de l’Homme à Genève dans le cadre de l’Examen Périodique Universel (EPU), il urge du respect minimum de l’exigibilité des droits économiques  sociaux culturels (DESC) dont découle les présentes revendications des populations concernées.

 Fait à Lomé, le 20 Octobre 2016

Pour la LTDH, le Vice Président                  Pour la LCT, Le Président

Me AGBOGAN Célestin                                SOGADJI Emmanuel

   21 Oct 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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