Sociale | Vous avez dit cynisme ou sadisme au Togo ?

Cela dépasse l’entendement humain et pourtant ça se passe au Togo. A côté des revendications salariales non satisfaites des travailleurs togolais et l’urgence de la rénovation des centres de santé au Togo, en l’occurrence le plus grand Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Sylvanus OLYMPIO (SO), centre de référence, aujourd’hui en état d’agonie avancé par manque cruel de matériels, les autorités du Togo a plutôt opté pour l‘organisation d’un sommet sur la sécurité maritime à coup de milliards de francs CFA, oubliant qu’elles ont l’obligation d’offrir au peuple comme le recommande l’article 34 de la constitution, les conditions adéquates de soins.

La question reste tout de même posée en ces termes: à qui profite le sommet sur la sécurité maritime ? Au peuple togolais qui meurt de faim et n’arrive à bien se soigner dans les centres de santé en agonie? Aux décideurs togolais qui font et défont les choses? Ou aux puissances étrangères qui veulent juste sauvegarder ou protéger leurs intérêts vaille que vaille en laissant les premiers dirigeants oppresser ou brimer à longueur de journée leur peuple? Certainement pas au peuple togolais quant on analyse bien les actes que posent les autorités du pays. Ces questions méritent tout leur sens quant on sait qu’à part les cliniques privées ou le pauvre citoyen peut s’offrir des soins dignes de ce nom et que par manque de moyens financiers il ne pourrait pas, les centres de santé publics sont devenus de véritables mouroirs. Le CHU SO en est un exemple bien palpable. Et pourtant, à en croire nos investigations auprès des médecins syndicalistes, le montant alloué pour la réfection dudit centre (CHU SO), avoinerait les quatre cent millions de francs CFA (400.000.000F CFA). Une somme qu’un actionnaire de Wacem, spécialiste dans l’évasion fiscale, gagnerait sur le dos du pauvre contribuable togolais qui se bat inlassablement à respecter ses engagements vis-à-vis de l’Etat.

A côté de ces personnes spécialisées dans l’évasion fiscale, il y a des centaines de milliards qui ont été dépensés ou sont en projet d’être dépensés pour la rénovation de l’aérogare de Nimatougou (on parle d’une trentaine de milliards de francs CFA) et de l’hôtel Radisson Blue 2 février (les chiffres avancés avoisineraient 42 milliards de francs CFA). Pendant tout ce temps, les centres de santé où doivent se faire soigner les citoyens et dont leur réfection n’atteigne même ces sommes faramineuses avancées plus haut, tombent en agonie sous l’œil goguenard des autorités togolaises. Comment peut-on appeler cela ? N’est-ce pas là du cynisme ou du sadisme ? Mais le fait choquant est que c’est vers ces mêmes populations à qui on prive le droit de se faire soigner, qu’on soumet à l’esclavage et l’oppression qu’on se tourne à l’approche des joutes électorales pour demander leurs suffrages. En agissant ainsi, les autorités se croient en territoire conquis puisque presque tous les droits des Togolais sont bafoués. Même pour les réclamer ses droits-là, il faut que les mêmes populations s’insurgent contre l’autorité établie par la force, se rebellent, battent quelquefois le pavé avant que ses droits légitimes ne leur soient accordés.

Et pourtant les dispositions de la constitution togolaise encore en vigueur dans le pays en son article 34 est bien clair : « L'Etat reconnaît aux citoyens le droit à la santé. Il œuvre à le promouvoir. » C’est en privant les populations des soins adéquates que l’Etat croit les promouvoir ? Quels dirigeants ! L’on ne peut pas concevoir qu’un patient qui est hospitalisé à l’intérieur du pays, par exemple à Kara pour des soins qui nécessitent l’utilisation du scanner, est obligé d’être évacué par ses parents vers Lomé, et pas au centre de référence mais dans une clinique privée. Ce sont là des réalités que vivent les populations pendant que le chef de l’Etat Faure GNASSINGBE dénonce une minorité insolente qui fait main basse sur les richesses du pays qu’il n’a jamais  dévoilé afin que celle-ci subisse la rigueur de la loi. Pendant ce temps, les populations se laissent faire.

Des populations qui voient ainsi leurs droits bafouées mais qui gardent le mutisme, subissent les affres d’un régime puant. Pourquoi tout cela dans un pays où les richesses générées si elles sont bien gérées doivent permettre d’enrayer ces situations désastreuses. Pourquoi donc un sommet pendant que les populations croupissent ? Et à qui alors profite le sommet sur la sécurité maritime ? Aux populations brimées ? Encore une dette que le contribuable togolais aura à payer dans les années à venir parce que la facture corsée de ce sommet sera payée par les dirigeants togolais, c'est-à-dire les populations togolaises qui ne trouvent pas les moyens, le peu de moyen à se faire soigner. Peuple togolais, il est temps que tu te réveilles de ton sommeil comateux.

Idelphonse Akpaki

   29 Aug 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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