Culture | Togo : La taxidermie au profit des générations futures

La taxidermie est à l’honneur au Togo. Son musée vient d’être installé à Lomé et est l’un des rares musées animaliers sur le continent africain. Son fondateur, Koumazan Koami, l’a mis sur pied pour permettre aux personnes qui n’ont jamais vu certaines espèces animales, de les découvrir dans son jeune musée.

Situé au quartier Adidogomé, banlieue-Est de Lomé, le musée animalier est depuis sa création au centre de toutes les attractions. Les visiteurs du Togo et de l’extérieur se bouscule aux portes de ce musée pour y découvrir la diversité d’espèce qui y est exposée.les visiteurs peuvent y voir par exemple des rapaces des rongeurs des reptiles et biens d’autres.

Koumazan Koami, la soixantaine révolue, est le fondateur dudit musée. Aux dires de ce dernier, il a monté le musée avec les moyens de bords dans le but de montrer aux générations futures certaines espèces animales en voie d’extinction sur le continent africain et plus précisément au Togo. « Les braconniers ont détruit une grande partie de la faune au Togo. Il n’existe plus certaines espèces animales que je voyais quand j’étais petit. Alors je me suis dis qu’il fallait faire quelque chose pour les générations futurs », a-t-il expliqué tout inquiet. Face à cette situation, Koumazan Koami a décidé mettre son diplôme de Banquier dans les tiroirs pour suivre une formation de taxidermiste en Belgique. Une fois la formation achevée, ce dernier est rentré au pays pour créer son musée animalier.

De la création du musée animalier

Depuis la création de son musée animalier, Koumazan Koami fait le tour des parcs et zoos du Togo et ceux Bénin pour récupérer les cadavres des animaux qu’il transporte ensuite dans son laboratoire de fortune. Une fois sur place, il commence l’empaillage des bêtes. Sa technique de conservation des cadavres de ces animaux suscite beaucoup de curiosité. « Je n’utilise jamais du formol pour conserver les cadavres d’animaux. Car au lieu de préserver la forme des cadavres il les déforme. Ce que je pratique s’appelle la taxidermie », confie le vieux Koumazan Koami tout passionné du travail qu’il rend à ses semblables.

Sa technique de conservation des animaux demeure, cependant un mystère pour les visiteurs. « Je suis vraiment fasciné par le travail effectué par le vieux koumazan. Je ne comprends pas comment arrive t-il à conserver les animaux de cette manière », explique Albert Agbeko, un jeune instituteur. Ce dernier envisage de faire découvrir à ses élèves dans les jours à venir les animaux exposés dans ce musée. « Beaucoup d’apprenants ne connaissent que ces animaux de nom. Ils pourront découvrir par exemple d’hibou la perdrix le bois le buffle… », a-t-il martelé. Aujourd’hui, le vieux Koumazan Koami, est inquiet puisque le nombre de visite à considérablement chuté. « C’est grâce au frais de visite qui s’élève à moins d’un dollar que j’arrive à faire tourner le musée. Il y’a quelques années j’avais plus de deux cents visiteurs par semaine. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Si ça continue ainsi je ne sais pas comment faire dans l’avenir », a-t- laissé entendre. Cet amoureux de la taxidermie ne compte pas malgré les difficultés mettre la clé sous le paillasson. Depuis quelques années, il a décidé transformer son musée animalier en un musée ambulant puisqu’il prend désormais part à toutes les foires et expositions du Togo afin de faire connaitre son métier jusqu’alors méconnu de beaucoup de personne. Une opération de charme qui devra, selon lui permettre d’attirer plus de visiteurs dans son musée.

Le vieux Koumazan Koami espère avoir un soutien et une aide de l’Etat togolais pour non seulement développer cette science mais surtout léguer la technique aux générations futures. Un vœu qui semble pour le moment impossible puisque malgré les nombreuses lettres adressées au ministère de tutelle, c’est toujours le silence radio. Les autorités togolaises ont-elles une aversion pour la culture ?

Daniel ADDEH

 

   15 Feb 2016    by   |                 


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