Culture | PéPé OLEKA, une voix africaine montante

Elle est une fine fleur remplie de talents et de vigueur à tenir en haleine tous ceux et celles qui prêtent oreilles à sa voix. Cette voix pénètre les cœurs et les enchante. Ainsi l’a voulu PéPé OLEKA.  Jeune chanteuse africaine, résident à Marseille, PéPé OLEKA est l’une des voix montantes du vieux continent noir qu’elle porte haut à travers ses prestations dans les cabarets et salles de spectacle partout où elle donne de la voix. Sa phrase fétiche: “Que la musique continue…” l’emporte toujours et toujours lors de ses prestations. A cœur ouvert, elle s’est confiée à “La Gazette du Togo”. Découvrez-la donc à travers ces lignes. 

 

La Gazette du Togo (LG): Qui est PéPé Oléka ? (Racontez un peu sur ta vie avant que tu ne deviennes artiste : parlez un peu de ta famille : papa et maman et tout ce que tu trouves important à dire pour attirer le public)

PéPé OLEKA, je suis le premier fruit d'une profonde et véritable histoire d'amour entre une béninoise de Ouidah et un nigérian (Igbo). Un métissage insolite à l'époque, mais d'une grande valeur pour moi aujourd'hui. J'ai eu la chance de recevoir plusieurs éducations. Avec ma mère, j'ai forgé mon adolescence dans les quartiers de Lomé.  Je réside à Marseille en France où je continue de donner une chance à ma créativité.

 L G: PéPé Oléka est de quelle nationalité ?

J’ai tété les seins d’une béninoise. Lorsque j’ai atteint l’âge de la raison, je devais faire un choix. Je me sens profondément béninoise. 

 L G: Qu’est-ce qui vous a inspiré à devenir ce que vous êtes aujourd’hui ?

J’ai encore du chemin. Pour moi, l’accomplissement, ce n’est pas s’arrêter et faire un bilan. C’est d’être heureux á faire ce qui nous fait sentir bien. C’est en tout cas, se servir de nos expériences pour améliorer le futur. Comme tout le monde, j’ai eu mon lot de difficultés de la vie. Toutes ces expériences font partie des choses qui me font dire que le meilleur reste à venir.

L G: Combien d’albums comptez-vous dans votre palmarès ?

J’ai participé á plusieurs albums de groupe. Mon premier disque solo « TCHITÉ » sorti en décembre 2012 poursuit son chemin.  Nous avons lancé en Mai 2016 « Mon Prince á Moi ». Ce titre est le premier single de mon prochain album prévu courant 2017.

L G: Sur un plan purement artistique, quels sont vos fans ? Qui sont ces artistes qui vous fascinent ?

Mes fans sont inévitablement des personnes qui veulent écouter une autre musique. Je ne suis pas inaccessible. Les personnes qui viennent me voir en concert, et qui achètent mes disques, apprécient certainement cette proximité. Mes fans aiment la simplicité, l’honnêteté et probablement l’humilité que je ne pas troquerai pour rien au monde.  Je suis jeune, mais c’est la musique old school qui m’inspire le plus.  Myriam Makeba, Bella Bello, Mais aussi Maaté Keita, Ami Koita ces grandes chanteuses en sont pour quelque chose dans mon choix artistique aujourd’hui.    L G: Avez-vous eu à chantez avec d’autres icônes de la chanson africaine puisque vous en êtes une ?

La musique est un des métiers les plus difficiles au monde. Mais elle offre aussi beaucoup d’opportunités. Comme celle de rencontrer les plus grands du métier. Je peux citer entre autres, Afia Mala, Poly Rythmo,  Maaté Keita et Souleymane Koly des Go de Koteba…

L G: Parlez-nous un peu de la musique africaine. Comment la trouvez-vous ?

La musique africaine est la base pratiquement de toutes les musiques que nous écoutons ici et là. Si l’Afrique est devenue très tendance en occident, par nos différentes cultures, par nos traditions, notre mode, notre alimentation etc… Je pense que nous africains, sommes sur une bonne voie! La musique africaine n’a jamais été aussi jouée qu’aujourd’hui. C’est une bonne chose pour nous. Mais cela ne dois pas nous éloigner de nos vraies valeurs.  Que direz-vous de la musique béninoise et togolaise puisque vous êtes un produit de ces deux pays ?

Je connais bien les deux pays. Depuis une bonne dizaine d’années, un mouvement de musique festive fait danser les populations. C’est très bien! Du coup, très peu ou pas de place reste pour les autres musiques plus traditionnelles. A l’heure où les autres s’inspirent de nos musiques, nous allons manger dans leur poubelle. Nous avons de beaux jours. Mais il ne faut pas délaisser nos musiques traditionnelles. Sinon, que laisserons nous á nos enfants?

L G: Qu’avez-vous à dire au public africain notamment au public de ces deux pays (le Togo et le Bénin) qui portent dans leur cœur ?

Je suis fière d’avoir de la sève de ces deux pays dans le sang qui coule dans mes veines. Ma grand-mère maternelle est d’Aneho au Togo, mon grand-père maternelle et ma mère sont donc de Ouidah au Benin et mon père est Igbo du Nigeria. Si la Nationalité Béninoise est celle que j’ai choisie á la majorité.  Le Togo reste le pays qui m’a donné certaines valeurs. La majorité de mes amis sont á Lomé. Lorsque je rentre en Afrique, je retourne toujours á Lomé avant de reprendre l’avion pour l’Europe. 

Votre mot de la fin 

 Infiniment merci á vous, les médias qui donnez la parole aux artistes. C’etait un réel plaisir de répondre á vos questions. J’ai hâte de retrouver mon public togolais pour un partage sur scène.  Que la musique continue…

Propos recueillis par Idelphonse Akpaki

 

   11 Aug 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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