Politique | Cynisme : Vous avez dit mandat social au Togo?

Dans sa parution N°540 du mardi 26 juillet 2016, le bihebdomadaire togolais « L’Alternative » a mis à nu une catégorie de personnalités, tous proches du pouvoir d’Etat togolais, pour la plupart anciens ministres et ministres en fonction qui sont à l’origine des « drames sociaux, économiques, sanitaires et environnementaux » que traverse le Togo. A l’analyse des investigations bien fouillées de notre confrère, il apparait que ceux qui sont à l’origine des maux que traverse le pays, sont les plus proches collaborateurs du chef de l’Etat Faure GNASSINGBE qui, il y a trois ans déclarait au peuple togolais qu’il y a une minorité qui profite des richesses du pays au détriment de la grande majorité qui croupit dans une misère et pauvreté ambiantes.

« Le mort saisit le vif », dit l’adage. Et ce n’est pas parce que ces personnalités citées par le journal « Alternative » sont actionnaires dans ces sociétés qu’il y a péril en la demeure, non ! Mais le drame ici réside, d’une part en ce que des autorités en fonction qui doivent veiller à la défense des intérêts des populations, sont actionnaires dans des sociétés qui exploitent des Togolais et les réduisent à l’esclavage et détruisent malheureusement l’environnement. Il urge donc qu’on dénonce cet état de fait parce qu’il y a là et certainement conflit d’intérêt, puisque la loi fondamentale togolaise et un certain nombre de dispositifs interdisent cela. L’autre aspect de la chose qui relève beaucoup plus de la morale, est vous avez des Togolais qui sont actionnaires des sociétés qui font non seulement des dégâts mais tuent malheureusement les Togolais. Le mal dans totut cela est qu’au bout du compte, après avoir réduit à l’esclavage ces citoyens togolais qui ont bossé pour eux, ils rapatrient l’argent ailleurs pendant que ces travailleurs-ouvriers tirent le diable par la queue. Cynisme !!! C’est là où il y a lieu d’interpeler l’actuel premier ministre. Si parmi la liste des personnalités qui sont impliquées dans les « drames sociaux, économiques, sanitaires et environnementaux » que traverse le Togo, on peut trouver une situation atténuante à certaines, cela ne peut pas être le cas de la personnalité du Premier ministre de la République du Togo, Komi Selom KLASSOU. Ce dernier, comme on l’a souligné un peu plus haut ne peut pas être actionnaire d’une société qui se développe dans l’invasion fiscale ou fuite de capitaux. Puisque il est avéré aujourd’hui que c’est ainsi qu’on tue à petit coup les populations togolaises, en l’occurrence les jeunes qui sont pour la plupart ouvriers dans ces sociétés-là. On serait dans Etat normal qu’à la publication de ces informations que le chef du gouvernement démissionnerait mais puisque le pouvoir togolais se nourrit de l’impunité, la vie continue tout si rien n’était. C’est ça qu’on appelle l’assainissement des finances au Togo.

Komi Selom KLASSOU et la mise en œuvre du mandat social de Faure GNASSINGBE

Comment peut-on comprendre qu’un Premier ministre qui est chargé d’exécuter ou de traduire dans le faits un mandat social peut-il se verser dans le paradoxe? Pendant que son mentor et sa suite jettent à la figure des Togolais un mandat social imaginaire, c’est celui qui chargé de traduire dans les faits ce mandat axé sur le social qui est aujourd’hui objet à polémique. En effet, Komi Selom KLASSOU est actionnaires dans deux sociétés de la place qui ont congédié de centaine de jeunes togolais ouvriers desdites sociétés. Sous son autorité de chef de gouvernement devant mettre en œuvre le mandat social, 700 jeunes ouvriers ont virés dans la société WACEM sans qu’il ne pipe un mot. 200 autres congédiés dans la filière Togo Rails où est également actionnaire. Et pourtant, lors de sa prise de fonction lui-même l’a si bien reconnu quand il affirmait qu’il est venu exécuter le mandat social du chef de l’Etat, « bradeur » de la victoire du peuple. Mandat social rime-t-il au bradage par les autorités des ressources que regorge le pays à leur seul et unique profit laissant les populations sur le triste sort ? Ou bien doit-on comprendre que dans le jargon des décideurs du Togo, mandat social sous-tend le renvoi des pauvres ouvriers togolais des sociétés abusivement? Le cas patent de WACEM où 700 jeunes ouvriers congédiés sans indemnisation en est révélateur de la souffrance qu’infligent les autorités aux populations. Et pourtant on jase sur tous les toits que le mandat du chef de l’Etat est axé sur le social pendant qu’on réduise continuellement la jeunesse, fer de lance de l’économie, épine dorsale du développement au chômage, à la ruine et à l’esclavage.

Komi Selom KLASSOU, Premier ministre de la République du Togo ne peut pas être président de surveillance de l’Initiative pour la Transparence des Industries extractives (ITIE). Il en est d’ailleurs son président de conseil d’administration et a pour adjoint, le ministre BIDAMON. Ce qui voudrait dire que si le dossier de WACEM passe par exemple en conseil des ministres, au nom de leurs intérêts, ils peuvent l’étouffer à défaut ils vont le gérer autrement à leur avantage. C’est là où il y a justement conflit d’intérêts. La preuve, malgré les cris de souffrance de ces ouvriers congédiés, le gouvernement garde un mutisme complice sur le cas WACEM. L’autre aberration est la mise en zone franche de la société WACEM. Alors que cela ne devait l’être. De nos investigations, il ressort qu’aucune société extractive ne doit être inscrite dans la zone. C’est seulement au Togo qu’elles (sociétés extractives) sont inscrites en zone franche parce que leurs actionnaires, pour la plupart hauts perchés sinon gros bonnets du pouvoir profitent des avantages et sortent librement l’argent du pays. Ils sont là à se partager les dividendes et viennent ânonner sur tous les toits qu’ils ont axé le mandat actuel sur le social. Le cas KLASSOU est à dénoncer d’autant puisqu’il a été député de la République et pris comme tel. Le député, en croire les dispositions de la constitution togolaise en article 81a pour mission de voter les lois et de contrôler de l’action gouvernementale. Le sait-il ? Puisque les lois et textes en vigueur au Togo, sont en contraction avec sa posture d’actionnaire dans une société tant qu’il est ou fut député, c’est-à-dire contrôleur de l’action gouvernementale ou premier ministre parce qu’il est le chef du gouvernement qui doit rendre compte. Pendant que son gouvernement doit-être contrôlé, il n’y a lieu d’aller à l’encontre de la loi. Et comme le dira l’autre, au Togo, ce n’est les textes qui posent problème mais le refus d’appliquer les textes dans les normes. Que ces vampires arrêtent de sucer le sang des Togolais et que justice soit faite au peuple togolais.

Idelphonse Akpaki

 

   28 Jul 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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