Politique | « Le chef de l’Etat fait de la diversion. Il sait ce qu’il fait » dixit Pascal ADOKO

Au sortir des travaux de l’atelier de réflexion sur les réformes politiques et institutionnelles organisé par les responsables du Haut Commissariat à la Réconciliation et à la Recherche de l’Unité Nationale (UCRRUN), la rédaction de « La Gazette du Togo » s’est approché du 1er Secrétaire général adjoint chargé des affaires politiques et à la communication de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), Pascal ADOKO pour connaitre des raisons de l’absence des responsables de cette formation politique à ces assises. Ce dernier s’est volontiers confié à « La Gazette du Togo » et saisi l’occasion pour faire quelques révélations.

 

La Gazette du Togo (LG) : Quelle appréciation faites-vous de la mission qui sera confiée à la commission dont parle le chef de l’Etat regroupant intellectuels et universitaires? C’est cette commission, à en croire les responsables du HCRRUN examinera au finish les conclusions des travaux de l’atelier de réflexion sur les réformes politiques et institutionnelles. Que dites-vous de cela ?

Pascal ADOKO: Moi, je ne veux pas être désagréable avec les gens. Je sais ou nous savons que c’est par-là qu’on passera. Le chef de l’Etat fait de la diversion. Il sait ce qu’il fait. Vous savez. Pour un dossier qui est si important pour son peuple. Il a autorisé qu’on fasse ça à quelle période ? Au moment où lui était en fête dans son pays. Il a fait sa fête. Il s’est amusé pendant que nous nous gesticulions dans la salle en disant qu’on s’occupe des grands dossiers du pays. Après ça, il a pris son avion et il est parti. Vous pensez qu’il accorde de l’importance à ces dossiers-là ? Moi, je veux bien croire. Je veux être démenti. C’est de ça qu’il s’agit. Vous savez quand on était enfant. Et on était en âge et qu’on peut trouver quelques pièces d’argent pour aller au cinéma. On allait voir le Western. Vous savez quand vous allez voir le Western. Mais tout le monde est emballé par les actions. C’est l’euphorie. Il y a l’électricité. Il y a etc…Mais quand le film est terminé, tu es obligé de rentrer chez toi. Tu n’as pas l’électricité à la maison. Peut-être même que tu n’as même pas mangé à la maison mais la fièvre-là va tomber très rapidement. C’est de ça qu’il s’agit. Ils ont fait un travail. Nous, au moins on pensait que le travail devait aller directement au parlement sous forme de propositions de lois. C’est maintenant que, eux, il y a un organe tampon qui va être nommé pour étudier leurs dossiers avant de voir si on va aller dans telle direction ou tout ça. Ça tient d’abord à la volonté du chef de l’Etat et c’est après ça quand le chef de l’Etat aura vu également les conclusions de cette soit disant commission qu’il va maintenant faire jouer sa volonté d’aller de l’avant ou de ne pas aller de l’avant par rapport à ce que nous, nous sommes par rapport à lui aujourd’hui. Vous voyez que c’est du cinéma. Mais je ne cherche qu’à être démenti. Si pour une fois monsieur Faure GNASSINGBE peut avoir la bonne volonté de dire : très bien. De par la symbolique même j’ai vengé mon père en faisant ma petite conférence souveraine entre guillemets dans la même salle, sauf que je lui ai retiré la souveraineté pour damer le pion à ceux qui ont travaillé là-bas en 91. Qu’il tienne compte de tout cela et dit : allons-y maintenant. J’ai vengé mon père, maintenant faisons les réformes. Tout le monde sera heureux en tant que Togolais. Mais permettez-moi d’être sceptique. Mais notre combat aujourd’hui, pour nous autres, c’est d’amener le peuple à adhérer à la proposition de lois qu’a déposée l’opposition à l’Assemblée nationale. Ah ! C’est ce que le peuple cherche. Une fois que cela sera adopté, vous verrez que le pays même va s’apaiser tout seul. Ça lui permettra lui-même en tant que chef de l’Etat de gérer le pays dans la sérénité. Je vais vous dire une chose puisque c’est une occasion extraordinaire que vous m’offrez. Je vais vous donnez une image. Le chef de l’Etat e fait ne veut pas de limitation de mandat. Mais il a tort parce que quand vous êtes élu chef d’Etat d’un pays, le premier mandat, on travaille. On est préoccupé que par le travail pour faire avancer les choses. Le deuxième mandat, ce n’est plus vous qui dirigez le pays. C’est les rats qui dirigent. Les rats prennent contrôle de la gestion du pays c’est-à-dire les gens qui sont intéressés. C’est eux. C’est les intérêts. C’est la corruption. C’est eux qui prennent contrôle. Et vous constaterez toujours que c’est au cours du deuxième mandat que les rats qui sont dans le bateau commencent par dire : il faut changer les textes pour avoir un troisième mandat. Vous le remarquerez toujours. Au cours du premier mandat, personne ne dit rien. Le pays est géré convenablement. Mais convenez avec moi que pour le cas du Togo, où nous, nous avons connu un troisième, un quatrième, un cinquième mandat. Ce n’est plus seulement les rats qui dirigent. Il y a les rats, les cafards, tous les parasites que la terre peut comporter qui sont au bord du bateau du Togo. C’est de ça qu’il s’agit aujourd’hui. Et nous devons prendre conscience que ces « rats » entre guillemets, ce n’est pas insultant mais c’est une image que je donne. Mais, c’est ceux qui constituent la minorité, qui pillent et dont le chef de l’Etat lui-même a parlé. Donc, ne jamais obtenir une limitation de mandat, c’est condamner le pays. C’est condamner le pays dans les mains d’un groupuscule qui en fait ce qu’il veut. Et nous, nous ne sommes pas prêts de l’accepter. Nous nous battrons jusqu’au bout. Même jusqu’au sacrifice suprême s’il le faut.

Propos recueillis par Idelphonse Akpaki

 

   26 Jul 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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