Politique | « Aujourd'hui le Togo se retrouve dans une posture semblable à celle d'une femme à terme qui rejette la césarienne », dixit Prof Kperkouma WALLA

Les travaux de l’atelier de réflexion sur les réformes politiques et institutionnelles suscitent beaucoup de débats au sein de l’opinion publique et donnent ainsi l’occasion aux intellectuels et universitaires d’apporter leur pierre à la construction de la mère patrie, le Togo. Une occasion pour les élites togolaises de donner leur point de vue sur la situation politique de la « Terre de nos Aïeux » et sur l’avenir de la République du Togo. Parmi les voix qui s’élèvent, la rédaction de « La Gazette du Togo » a choisi de publier aux fins utiles, celle du Professeur Kperkuouma WALLA.

Lisez plutôt

Mes chers compatriotes,

Les changements de République en République est-elle réellement la solution au problème du Togo. À l'analyse des différents contextes historiques de ces changements, on se rend à l'évidence que ces changements de texte se sont focaliser sur les aspects juridiques sans être accompagnés d'un reformatage des mentalités.

Aujourd'hui le Togo se retrouve dans une posture semblable à celle d'une femme à terme qui rejette la césarienne, mais en même temps à peur d'enfanter naturellement à cause des douleurs. Dans ce cas il faut un accompagnement psychologique pour la mettre en confiance.

Le Togo, non plutôt les togolais ont besoin d'avoir confiance en eux même, de se faire confiance les uns les autres pour délivrer notre pays de ces interminables tergiversations qui se reflètent dans du juridisme partisan dans nos textes et lois qui se font et se défont en faveur de tel ou tel autre camp, car la peur de l'autre est très ancrée dans les esprits.

La question que l'on doit se poser tous: Voulons-nous construire des camps, des clans, des ethnies, ou voulons-nous construire une République ? Nos actes depuis 56 ans, reflètent-ils réellement l'engagement réel et sincère de construire un idéal de République auquel nous adhérons tous dans nos différences ? La diversité n'est-elle pas une richesse quand on sait gérer les différences ? À quelqu'un d'ajouter la démocratie est la bonne gestion des différences.

 

En 1992, tout le peuple togolais à voter pour la constitution de la 4e République. Était-ce pour certains une victoire sur d'autres ? Pour d'autres était-ce par peur qu'ils ont adopté un profil bas face la détermination du peuple ? En 2002, en boycottant les législatives était-ce pour rendre service et défendre la République ? Les modifications apportées unilatéralement à la constitution, visaient-elles un idéal commun ou tout simplement une volonté de tailler sur mesure des dispositions en faveur d'un camp et même d'un seule personne ?

Qu'à cela ne tienne, l'intervention de l'armée en 2005, était-ce pour la République, ou pour servir un camp ?

Aujourd'hui il est crucial que chaque togolaise et chaque togolais situe ses propres responsabilités dans la manière dont il a participé dans l'histoire de notre pays.

L'APG, la CVJR, et aujourd'hui le HCRRUN, y a t-il de la sincérité afin de bâtir ensemble un idéal de République dans la confiance partagée. L'échec de l'APG, et même de tous les accords n'est-il pas lié à la renonciation des acteurs politiques de faire chacun sa part ?

Il est temps de s'inspirer des modèles qui facilitent le développement. Car toutes ces tergiversations nuisent au développement du Togo et ce sont les citoyens dans leur ensemble qui souffrent tous sans distinction dans toutes nos villes et campagnes.

Je voudrais insister sur la nécessité de la mutation des mentalités. Car des textes et des textes pour quel état d'esprit des acteurs et des hommes qui doivent les appliquer et les défendre.

C'est pour cela que je partage avec vous l'expérience ghanéenne en matière des réformes qui repose sur trois piliers :

  1. La gestion des politiques
  2. La gestion des ressources humaines
  3. La gestion des finances publiques.

Le 2, concerne la mutation des mentalités qui est indispensable pour une réelle et bonne application des autres réformes. Et donc il est important pour nous togolais de nous engager résolument à la formation citoyenne. Car un citoyen bien former ne va pas chercher à tripatouiller le texte fondamentale pour rester au pouvoir ou pour permettre à son chef de parti de s'éterniser au pouvoir. Un citoyen bien formé, réfléchi, analyse et agit en toute objectivité pour défendre l'idéal commun.

Sur la question des réformes proprement dites, elles sont indispensables, aussi bien urgentes en partie que dans le long terme pour d'autres. Je partage l'esprit des réformes tel que préconisées par la CVJR à savoir des réformes à court terme et des réformes à long terme qui nécessite une large réflexion.

Sur les réformes politiques à court elles devraient viser

  1. le régime politique qui orientera de facto les attributions des différents pouvoirs (exécutif et législatif),
  2. La durée et le nombre de mandat présidentiel si c'est le régime présidentiel ou "présidentialiste" qui est retenu
  3. Le mode de scrutin

Pour les réformes institutionnelles urgentes, elles devaient concerner la Cour constitutionnelle, la CENI,

D'autres réformes structurelles surtout sur le fonctionnement de l'ensemble des institutions de la République devraient suivre.

La condition pour l'effectivité de ces réformes sont la bonne foi de part et d'autre, la volonté politique de tous les acteurs et surtout du président Faure Essozimna Gnassingbé qui doit accompagner ses discours d'un engagement ferme et résolu afin d'insuffler la dynamique nécessaire à la réalisation des réformes.

Le Togo nous appartient tous et nous devons éviter qu'il sombre. Chacun doit faire sa part.

Dieu et nos aïeux bénissent le Togo.

Prof Kperkouma Walla

   13 Jul 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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