Politique | Ouverture des travaux de l’atelier de réflexion sur les réformes politiques au Togo : La fin des travaux sera-t-elle encore sanctionnée de recommandations ?

Est-ce la tenue d’un atelier de réflexion ou d’un quelconque dialogue qui sera une fois encore sanctionné de recommandations qui importe aujourd’hui au Togo en jetant un regard rétrospectif dans l’histoire de la « Terre de nos aïeux » ou bien la prise de conscience des premiers dirigeants togolais à ne plus fouler aux pieds les engagements qu’ils ont pris et en faisant du respect de la parole donnée leur leitmotiv? C’est la grande question qu’il faut se poser à l’analyse de la situation politique du Togo. Parce que les nombreuses frustrations que portent les populations togolaises dans leur grande majorité sont nées et gangrènent malheureusement l’Etat togolais du fait de la mauvaise foi des autorités togolaises qui ont axé leur système de gouvernance sur le non respect des accords, clauses et engagements pourtant pris librement. Combien de dialogues, d’accords, de clauses et de recommandations n’ont-ils pas été conclus pour apaiser la tension politique et pacifier les cœurs ?

 

Ont-ils été respectés à la lettre comme c’est le cas dans certains voisins et pourquoi? La tenue d’un atelier de réflexion en soi, n’est pas une mauvaise chose mais lorsqu’on se rend compte qu’il sera sanctionné par de recommandations à l’endroit de ceux-là qui ont maintenu le statut quo et piaille sous tous les toits que le pouvoir d’Etat ne leur échappera jamais, alors on ne peut que qualifier cet atelier de réflexion de véritable « marché de dupes ». Tout le monde le sait, y compris les initiateurs.

Le énième folklore sinon « marché de dupes » des acteurs politiques togolais, de la société civile, de la chefferie traditionnelle et du monde religieux qualifié cette fois-ci d’atelier de réflexion sur les réformes politiques et institutionnelles, initié par les autorités togolaises à travers un certain Haut Commissariat à la Réconciliation et à la Recherche de l’Unité Nationale (HCRRUN) a ouvert ses travaux ses travaux ce lundi 11 juillet 2016 dans la capitale togolaises, Lomé. Et c’est l’hôtel Radisson 2 février qui abritera du 11 au 15 juillet 2016, les travaux dudit atelier. Pour la circonstance, la présidente du HCRRUN, Awa NANA-DABOYA étant au cœur des grands évènements qui ont marqué et qui continuent de marquer négativement la vie politique togolaise, et ayant fait un bon diagnostic du mal togolais s’est inspirée du Saint Coran en déclarant :

« Dieu ne change pas les hommes d’une communauté tant que ces hommes ne changent pas de comportement. Tant qu’ils ne changent pas dans leur mentalité. Apprendre à se connaitre et à s’aimer, c’est améliorer nos comportements. Que Dieu nous assiste et nous inspire à améliorer nos comportements en vue de changer… »

Me Awa NANA-DABOYA, après avoir relevé la mission qui a été confiée à l’HCRRUN conformément au décret présidentiel 2013 0/40 PR du 24 mai 2013 qui repose essentiellement sur « la mise en œuvre des recommandations et du programme de réparation élaboré par la CVJR », a indiqué que la tâche qui attend les participants aux travaux audit atelier de réflexion, est « délicate complexe et immense en vue de monter à sa cible.» « Il n’est donc un secret pour personne que la nécessité de reformer notre système politique est partagée par tous mais beaucoup de difficultés ont jalonné le processus de sa réalisation depuis la signature de l’APG le 20 août 2006. Pour cela, nous faut débattre… Il nous débattre sereinement et au-delà de la controverse incitée à agir et à agir responsablement en refusant d’emprunter les sentiers battus…», a-t-elle martelé.

Ouvrant officiellement les travaux au nom du chef de l’Etat qui a brillé par son absence au cours de ce rendez-vous initié par lui-même, le premier ministre Komi Sélom KLASSOU a laissé entendre qu’il s’agit de réfléchir et d’échanger sur les réformes politiques et institutionnelles à mener dans le pays afin de stabiliser politiquement la société togolaise. « L’on peut légitimement se poser la question de savoir pourquoi depuis (plus de 25 ans) les multiples initiatives prises à cet effet n’ont pas donné tous les résultats escomptés. Il convient d’interroger notre histoire commune récente. En effet, le pays a connu plusieurs épisodes de crises sociopolitiques qui ont contribué à exacerber la méfiance entre les acteurs politiques et par ricochet ont affecté profondément le tissu social. C’est ainsi que les différentes approches de solutions préconisées en l’occurrence l’élaboration de la Constitution de 1992 par certains courants politiques du moment tout comme les amendements apportés à certaines dispositions de cette Constitution en 2002, cette fois-ci par d’autres forces politiques, sont entre autres, l’illustration parfaite que les réformes ne se feront au Togo « ni les uns sans les autres, ni les uns contres les autres », a déclaré Komi Sélom KLASSOU.

Cet atelier de réflexion, il faut le souligner n’a pas reçu l’adhésion de certaines formations politiques de l’opposition. En effet, les partis politiques de l’opposition comme l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) dont est issu le chef de file de l’opposition Jean-Pierre FABRE et la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) dont la Secrétaire générale Brigitte Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON également président du regroupement politique de l’opposition Combat pour l’Alternance Politique en 2015 (CAP 2015) ainsi que d’autres tels que le PSR, l’UDS-Togo, le PRR, le FPD et bien d’autres encre n’ont pas pris part aux travaux. Dans leur grande majorité, les Togolais à l’instar des autres peuples des pays voisins du Togo, veulent le changement et surtout l’alternance au sommet de l’Etat. Tout ceci doit passer par le respect des engagements pris et de la parole, des vertus qui manquent cruellement aux autorités qui président aux destinées de l’Etat togolais.

« Le gouvernement, pour sa part, sous le leadership du Président de la République, jouera en toute responsabilité sa partition », a laissé entendre sans honte ni remords le chef du gouvernement Komi Sélom KLASSOU quand on sait que c’est l’exécutif togolais qui a toujours fait preuve de mauvaise foi et de malhonnêteté politique. Dur dur que  les travaux dudit atelier seront aussi sanctionnés par des recommandations à l’endroit de ceux qui ont naturellement maintenu le statut quo depuis plus d’une cinquantaine d’années, refusant que le Togo redevienne un Etat normal comme les autres.

Idelphonse Akpaki

 

   12 Jul 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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