Sociale | Enquête: Que vaut la baisse du prix du carburant quand le panier de la ménagère reste vide?

L’information a fait le tour des réseaux sociaux avant que le gouvernement togolais ne communique là-dessus. Drôle de communication d’un gouvernement qui, au fur des années s’est spécialisé dans l’improvisation et l’insouciance des populations. Le mercredi dernier aux environs de minuit, à travers un communiqué laconique, le gouvernement a procédé à une seconde diminution des prix à la pompe des produits pétroliers sur toute l’étendue du territoire national togolais. Une très bonne nouvelle pour la minorité qui vit dans une opulence insolente et un subterfuge pour la grande majorité dépourvue de tout qui a du mal à ressentir les effets de cette diminution dans le panier de la ménagère. Malgré le faux semblant de retouche que le gouvernement a apporté le prix du transport et celui des produits de première nécessité n’ont connu de changement et continue de grimper malgré cette diminution. Pour preuve, le bol du maïs est à 700F. A qui profite alors cette diminution des prix pétroliers?

Baisse des prix à la pompe des produits pétroliers

Depuis le mercredi dernier, les Togolais semblent se réjouir de cette information qui annonce la diminution des prix des produits pétroliers à la pompe au Togo, conformément à la chute considérable du prix du baril à l’international. Si cette information a dans un premier temps, été une sorte de rumeur, elle a fini par être confirmée par un décret du gouvernement, portant application à partir de ce mercredi à minuit sur toute l’étendue du territoire national. Les consommateurs ont donc constaté l’effectivité de ces nouveaux tarifs après qu’ils aient fait le tour des stations d’essence pour s’approvisionner. Se réjouir de cette nouvelle est une chose, mais sentir réellement son effet dans le panier de la ménagère en est une autre. Mais la question est de savoir pourquoi les faits ne se suivent pas d’actes concrets pour soulager la souffrance du bas peuple ?

Enquête sur la route

Il y a quelques jours, une équipe de « La Gazette du Togo » a choisi d’investiguer en voyageant. Elle a choisi d’emprunter la voie terrestre pour avoir une idée sur ce qui empêche les conducteurs d’appliquer des prix raisonnables dans les transports, suivant la baisse des prix du carburant. De Lomé à Tsévié, après un crochet à Afagnan, l’équipe a constaté que les arrêts étaient considérables sur la route. Le constat est amer. Les tickets vendus par les syndicats aux conducteurs sont extrêmement chers et ne répondent en rien aux prix imprimés sur les tickets. Pour preuve, l’équipe a pu faire la photo de deux tickets (voir photo). L’un des tickets est de couleur blanche tandis que l’autre est de couleur jaune. Et sur le ticket blanc, il est imprimé 150 francs CFA et sur le jaune, il est écrit 300 francs CFA. Le ticket blanc est celui de stationnement délivré par la station des véhicules, tandis que le jaune par USYCORT (Union des Syndicats des Conducteurs Routiers du Togo). Parlant des prix, le ticket blanc, malgré qu’il est inscrit le prix de 150F CFA et imprimé comme tel, est vendu aux conducteurs à 300 francs CFA, voire 500F CFA par endroit. Une sorte de vol organisé qui se déroule au nez et à la barbe des autorités du pays. Le ticket jaune, à en croire les confidences des conducteurs rencontrés, est vendu entre 1000 francs CFA et 2000F CFA. A quoi est dû cet écart ? Se questionnent membres de l’équipe.

L’équipe va donc à l’information pour en savoir plus. Normalement, les véhicules doivent prendre des passagers dont le nombre est équivalent aux places de leurs engins. C'est-à-dire, les cinq (5) places doivent prendre quatre (4) passagers, les neuf (9) places huit, les quinze (15) places quatorze (14) etc... Ceci pour permettre une assise confortable et sécurisée aux passagers. En contrepartie de ces prix, les syndicats, les policiers et gendarmes postés sur les routes, perçoivent de faux frais et ferment les yeux sur le chargement excédentaire des passagers. Les conducteurs choisissent donc de faire agglutiner dans les véhicules comme des sardines. Ainsi, le prix excédentaire perçu par les conducteurs leur permet de couvrir les dépenses faites sur les routes. Ce constat très amer révèle le degré de surenchère et de corruption qui gangrène le secteur des transports au Togo. Ce qui met dangereusement en insécurité la vie des passagers qui n’ont pas du tout le choix de réclamer quoi que ce soit, de peur de ne trouver de véhicule dans des conditions raisonnables. Ces derniers sont obligés de céder aux exigences des conducteurs parce qu’ils n’ont pas le choix surtout lorsque les taxis se font rares et qu’ils doivent vite rentrer pour échapper, soit à la nuit ou aux autres dangers naturels. C’est d’ailleurs pour ça qu’on compte dans un taxi de 5 places, huit (8) personnes y compris le chauffeur. Et, ainsi de suite.

 

A qui donc la faute ?

Il y a environ deux (2) ans, au lendemain d’un accident mortel sur la nationale N°1, les ministres de la Santé et celui des Transports ont pris des mesures dissuasives qui devraient contribuer à mettre en sécurité les passagers sur les routes togolaises et diminuer ainsi le taux d’accident de circulation. Malheureusement, ces mesures ont été sabordées par manque de rigueur, de contrôle ou peut-être par pure complicité entre les usagers de la route et les agents de contrôle. Surtout qu’au Togo, les sanctions sont rares comme la sueur sur le corps du lézard, malgré la gravité de la faute ou des fautes commises. Seule la promotion reste le prix à bénéficier. Ainsi, la route est devenue un terrain par excellence de culture et de promotion du grand banditisme, un couloir de la mort.

Conséquences

Ces comportements nocifs ne sont pas sans conséquences aux pauvres populations togolaises. Tout commence d’abord par l’insécurité qui guète à longueur de journée, les usagers de la route. En effet, un accident fait par un taxi de cinq (5) places, provoque sept (7) ou huit (8) morts à cause du surcharge. Et, ainsi de suite. Si les commerçants parviennent à faire leur voyage saint et sauf pour s’approvisionner, ils n’ont d’autre choix que de revoir à la hausse les prix des produits de premières nécessités. Ces produits de première nécessité ne peuvent subir aussi que de sérieuses augmentations sur le marché. Du maïs aux tomates, passant par le détergent, le papier mouchoir et le savon de toilette, les populations paient les prix forts. La vie chère a ainsi fait son lit au Togo malgré les ressources dont regorge le Togo et devient et empêche le plein épanouissement des consommateurs. A ces forts prix viennent s’ajouter le coup trop onéreux de la communication. Ainsi, le couplage des prix de transport à ceux de la communication renforcent encore plus la cherté de la vie et ne permet pas aux togolais de manger à leur faim et au moins deux fois par jour.  

Et si Faure Gnassingbé pensait véritablement à son pseudo mandat social 

A l’analyse de la situation qui prévaut au Togo depuis les deux premiers mandats de Faure GNASSINGBE, on est droit d’affirmer que les propos des gouvernants togolais, surtout ceux de la plus Haute autorité, sont en total déphasage avec les actes. Pour preuve, le troisième mandat présidentiel de Faure GNASSINGBE, placé sous le signe du « social », est loin, bien loin d’être un mandat social. Puisque tout ce qui a été dit un peu plus haut et qui plonge malheureusement les six (6) millions de Togolais dans une situation de cherté de la vie qui ne dit pas son nom, se situe dans le cadre d’un mandat voulu social par Faure Gnassingbé. Ce mandat social cauchemardesque met à rude épreuve le quotidien de la majorité des Togolais qui tirent le diable par la queue. Difficile de se soigner dans les hôpitaux du pays parce que ces derniers sont en agonie. Difficile d’entreprendre, de circuler librement et en toute sécurité sur les artères du pays, difficile de vaquer librement à ses occupations, difficile de passer un examen sans surprises, difficile de boire l’eau potable, difficile d’être évacué en cas de besoin vers un centre de santé adéquat, difficile de communiquer à cause du coût trop exorbitant de la communication, difficile, difficile, difficile….Tout est difficile sous les tropiques de ce fantômandesque mandat social qui met en mal finalement les populations togolaises. Il urge alors que Faure Gnassingbé et son gouvernement divorcent avec l’impunité, la langue de bois et la démagogie pour se marier au respect scrupuleux de la parole donnée, au respect des règles et lois qui régentent le pays dont il est le premier responsable. Ceci pour décourager les candidats à la corruption, qui en réalité ne sont que l’image immédiate de ceux qui dirigent le pays. Ces candidats qui en fait forment la minorité qui s’accapare les richesses du pays au détriment d’une grande majorité qui croupit dans une misère criarde. En refusant de le faire, il faut avoir à l’esprit que le Togo est en danger puisque ceux qui sont censés mettre les populations en sécurité constituent alors une menace sérieuse qui hante les esprits.

Idelphonse Akpaki et Aliou Natchaba

   28 May 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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