Politique | Enracinement de la démocratie au Togo : La CDPA opte pour le renforcement des capacités de ses militants

L’hôtel Ibis de Lomé a servi de cadre ce 28 avril 2016 à la cérémonie de lancement du « Programme de contribution de la CDPA à l’émergence de la démocratie et l’organisation d’élections locales démocratiques et paisibles au Togo » soutenu par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung. Cette cérémonie a connu la présence du Représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung Dr Klaus-Peter TREYDTE, de l’ancien Président de l’Assemblée Nationale du Mali et du Parlement de la CEDEAO Ali Nouhoum DIALLO, du chef de file de l’opposition togolaise Jean-Pierre FABRE, de certains responsables des partis politiques de l’opposition et ceux de la société civile.

« Revisiter les valeurs démocratiques de la CDPA pour faire face aux défis de la démocratie et du développement durable au Togo ». C’est autour de ce thème central que responsables et militants de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) ont renforcé leurs capacités dans l’enracinement des valeurs démocratiques au Togo. Pour la circonstance, la Secrétaire générale de la CDPA Brigitte Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON, dans son mot de bienvenue, a remercié tous ceux qui ont répondu à l’appel de la CDPA. Elle s’est ensuite prononcée sur la situation politique, économique et sociale du Togo. A en croire Brigitte Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON, le Togo, au plan politique, est formellement entré en démocratie depuis 1992, année d’adoption de la constitution de la quatrième République. « Mais, il y a un an, les Togolais ont encore fait le constat de la difficile alternance au sommet de l’Etat. Nos institutions font montre d’une faiblesse et ont une configuration partisane qui n’inspirent aucune confiance aux citoyens », a-t-elle indiqué. Selon Brigitte Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON, les réformes politiques essentielles convenues entre la classe politique lors du dernier Accord Politique Global (APG) et préconisées par la Commission Vérité-Justice-Réconciliation (CVJR), sont bloquées par le régime. « Le développement du pays est hypothéqué par un cortège de maux qui ont pour nom : corruption, arbitraire, pillage systématique des ressources publiques, impunité, insécurité judiciaire, endettement inconsidéré, mépris pour les revendications sociales, inégalité et discrimination basées sur l’ethnie et l’appartenance politique dans le traitement des citoyens », a révélé Brigitte Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON. A ces maux, viennent s’ajouter d’autres que la Secrétaire générale mis à nu puis d’indiquer que dans ce contexte d’une démocratie bloquée et où les populations ploient sous le poids de la pauvreté, que les élections locales sont enfin annoncées par le régime. Si elles sont bien menées, rappelle la Secrétaire générale de la CDPA, elles pouvaient constituer la solution à la fois vers l’approfondissement vers la démocratie et le décollage du développement à la base. « L’organisation des élections locales est très importante pour la CDPA », a laissé entendre Brigitte Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON. Aux dires de cette dernière, le programme dont la cérémonie de lancement se fait ce jour, est une contribution de la CDPA qui ne peut se résoudre à accepter le statuquo et qui veut vraiment œuvrer à l’approfondissement de la démocratie et à la tenue des élections locales. « Le programme est aussi et surtout l’affirmation sans ambigüité aucune de l’allumage de la CDPA à la sociale démocrate », a-t-elle renseigné.

Le Représentant Résident de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, Dr Klaus-Peter TREYDTE, succédant à la Secrétaire générale de la CDPA, s’est réjoui de l’initiative. Il s’est inspiré d’une chanson malienne intitulée : « Le monde, c’est un camion fou » pour présenter la première partie de son exposé. Selon Dr Klaus-Peter TREYDTE, cette chanson exprime la situation politique en Europe, dans le monde et partout ailleurs. Ensuite, a-t-il tiré d’une expression d’Albert Camus l’énoncé de son intervention pour situer l’assistance : « La pensée approximative, est le seul créateur du réel. Ni le vrai est réel. Ni le réel est vrai ». Pour le Représentant résident de la Fondation Friedrich, il faut voir un chemin de construction et de reconstruction ensemble à travers une approche approximative car il n’y a pas de recette miracle. « C’est ça l’essence de la vie politique. C’est ça l’essence de la démocratie. C’est ça l’essence du mot grec polis. Vivre ensemble mais avoir des différentes conceptions sur  la réalité», a-t-il laissé entendre. Dr Klaus-Peter TREYDTE a indiqué un peu plus loin que c’est pour se ressourcer sur des valeurs existentielles que tous sont présents dans la salle, s’inspirant des enseignements de Saint Exupéry. Il a fait un clin d’œil au développement durable qui est un défi du 21e siècle. A l’en croire, on ne peut construire une vrai démocratie qu’avec toutes les couches de la société. Car soutient-il : « Chaque pays a ses particularités. Et il faut vivre sur l’Etat. Il faut vivre avec la société. Il faut développer et donc par nous-mêmes ici aujourd’hui, demain et dans les semaines qui viennent sur l’Etat notre propre amour à la démocratie. »

Dans son discours inaugural du séminaire qu’il a qualifié de « Fête de l’esprit et de la Liberté de parole », l’ancien Président de l’Assemblée Nationale du Mali et de la CEDEAO, Ali Nouhoum DIALLO s’est d’abord réjoui d’être « au pays du pionnier de l’indépendance et Père de la Nation togolaise, Sylvanus OLYMPIO ». Il a ensuite fait un réquisitoire des intellectuels africains en rappelant son passé vécu avec ses compagnons présents dans la salle. Ali Nouhoum DIALLO s’appuyant sur le travail fait avec ses compagnons, n’a pas manqué de relever que leur tâtonnement et incertitude avec les dictatures en place, ont conduit à la situation que traverse aujourd’hui, le continent africain. L’ancien Président de l’Assemblée Nationale du Mali et de la CEDEAO a par ailleurs a fait l’historique de la lutte menée et relevé les périodes sombres traversées par les peuples africains vers leur émancipation et vers la liberté. « L’Afrique noire doit se relever », a-t-il souhaité. Il a enfin invité les responsables politiques togolais à faire preuve d’humanisme en s’appuyant sur les valeurs démocratiques. Aux responsables de la CDPA, il a demandé d’œuvrer pour l’émergence des valeurs républicaines et l’enracinement de la démocratie au Togo en créant des conditions qui permettront aux populations de choisir librement leurs dirigeants travers des élections transparentes, sources d’un vrai développement à la base.

Idelphonse Akpaki

   28 Apr 2016    by idelphonse Akpaki  |                 


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