Politique | PEUPLE TOGOLAIS, SON CREDO : « MAWU LAWE » « Pose le sur le genou, et Dieu te le posera sur la tête…. » (Première partie)

« Aucun gouvernement responsable devant l’histoire, du destin de son peuple, sous un douteux prétexte de concorde, ne peut accepter de dormir et de se réveiller dans un peuple endormi ; sauf d’avoir cyniquement renoncé aux principes d’une féconde émulation qui tient lieu de maturité démocratique ».

De l’auteur. AVANT-PROPOS Ce matin en quittant mon lit, et voulant passer par sa ruelle qui fait face au mur, afin d’éviter de croiser le visage défait de la présence invisible qui partagea avec mon moi submergé de sombres pensées, et endormi sous les assauts d’une nuit agitée par quelques tourments personnels qui préfiguraient je ne sais encore quelle misérable et ennuyeuse journée, j’ai sauté sur une humeur de chien. Cela valut à mon moral d’avoir une patte cassée. Qu’il eût fallu bâtir, s’écrouler tel un château de cartes n’aurait en quoi que ce soit ému les portes closes d’une humeur ténébreuse en son acmé. De cette nuit parenthèses de hauts et de bas, guillemetée de moult incidents qui me firent me lever à maintes reprises et me prédisposèrent contestataire et grognard, infatué d’audace, me voilà plongé dans les pénombrables églises des dédicaces sulfureuses avec leurs cortèges de baves étourdissantes à l’adresse du complément d’objet direct de mes pensées, c’est- à-dire ce peuple. Le peuple du Pays qui est le mien, et qui va devoir subir les foudres dévastatrices de ma mauvaise humeur portée à maturation en foudre de chêne, et en faire une fraiche dégustation au demeurant plus que méritée ! Un peu groin aux entournures, je ressens déjà, après que je m’en sois allé outre mesure, les remords d’accusations grossies et exagérées. Puissiez-vous ne pas rancune avoir qui ôterait à votre désir de rectifier dans un mouvement de recul, la sentence des jugements sévères que vous eussiez pu porter sur mon mauvais génie ! Sans plus d’ambages ni circonvolutions sommaires et inutiles, allons droit à Jupiter. De ce pas alangui, mais d’humeur décidée, je m’en vais dégoiser ce qui m’étouffe, ce flot aigu de la charge émotionnelle qui me lacère les ventrailles. Oh que oui peuple ! Mille fois oui, et dans la force de mes assumassions, je m’en vais vous dire ce que je pense de vous ! Je m’en vais crever les apostumes qui taillent la croupière à mon moral sous la lame coupante de quelques vérités sur ce mal togolais fait d’envie et de jalousie, qui se satisfait et se nourrit de l’infortune de l’autre, excelle dans l’art de la médisance et chancit dans la suie de l’abandon des combats qui dussent être engagés pour se saisir de son destin. Ce Pays au bout de quelque temps me rempli de lassitude, car il faut bien l’admettre, les seules choses que notre société a su développer sont : la prolifération effrayante de la médiocrité érigée en système, la dégradation des mœurs et sa capacité d’étouffement de l’initiative. On ne peut rien construire, rien imaginé de grand qui ne s’enchâsse dans l’indifférence totale des poils hérissés par une condescendance instinctive qui trouve résidence dans une morgue à l’étendard déployé. Tout ce qui ne vient pas du pouvoir ou de ses alentours, n’intéresse pas grand monde et passe à la trappe ! Plus vous vous creusez les méninges pour apporter quelque esquisse de solutions apensées sur tel ou tel sujet, et si d’aventure cela ne correspond pas à la tonalité indiquée, aussi vite que presto, tout retombera dans un vide aménagé d’avance par les chorégraphes de la danse unique, détenteurs certifiés de vérités millénaires, qui vous couvrent d’une déconsidération nappée d’une inquiétude, croient-ils dissimulée, par rapport à leurs propres situations dans des manœuvres subtiles pour désactiver votre élan. Pour un Pays en construction c’est très grave ! Son peuple dont je suis, m’énerve au plus haut point, sur bien des points, hélas ! Allant de sa rengaine, toujours la même de « Mawu lawè », entonnée et orchestrée dans l’espoir d’un hypothétique acte miraculeux, endormi comme des loirs, dans le marasme de la béatitude du néant de sa résignation et d’hébétude durable, ce qui m’horripile, soulève et m’arrache le cœur dans un sentiment d’écœurement inconsolable, et constitue un de mes étonnements scandalisés. On me fait souvent des remarques amicales et instructives à propos de mes publications certes, dépourvues de fâcheuses résonances académiques, mais dont les figures de style et détours syntaxiques invoquent un oral et un écrit quelque peu inhabituels d’un français par surcroit de race ancienne qui exclue moult régiments de lecteurs potentiels. Je le concède bien volontiers d’autant plus qu’il semble exister quelque fâcherie tenace, presque viscérale d’une armée considérable de la population avec la lecture, ce que je déplore tout en me réjouissant qu’il demeure cependant, des intelligences élues, qui font honneur à notre pays, des hommes à l’esprit alerte et subtil, apparaissant dans la magnificence de la permanence de leurs maintenances conjonctives.

Par Cyr ADOMAYAKPOR

Alban de la Meunière

(La suite à suivre dans la prochaine publication)

   19 Apr 2016    by   |                 


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