Politique | La JNC au contact des populations d’Agoè : L’urgence de la mobilisation

La Jeunesse de la principale formation politique togolaise, Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a organisé ce dimanche 17 avril 2016 sur la place publique d’Agoè, une banlieue de la capitale, un meeting d’informations, de sensibilisation et surtout de mobilisation à l’endroit des populations de ladite localité. Les différents les sujets abordés par les différents orateurs sont entre autres : la dernière présidentielle, la mauvaise gouvernance, la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles, l’organisation des élections locales et de la décentralisation. La jeunesse a reçu le soutien de son président Jean-Pierre FABRE qui a fait le déplacement et harangué la foule.

Chefs traditionnels, militants, sympathisants et curieux d’Agoè ont fait nombreux le déplacement pour prêter oreilles aux différents orateurs. Les uns et les autres ont été ainsi sensibilisés sur plusieurs sujets faisant l’actualité. S’appuyant sur un rapport de l’Union Européenne, le vice-président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), Francis Pedro AMUZUN, comme précédents meetings, a informé l’assistance sur la dernière élection présidentielle qui a été soldée par un hold-up électoral, à en croire les principaux responsables de Combat pour l’Alternance Politique en 2015 (CAP 2015). Pour eux ladite élection est sortie de son cadre légal vu les différentes insuffisances relevées par les responsables de CAP 2015 et par ceux de l’Union Européenne, en l’occurrence ceux en poste au Togo. « …Plus préoccupant, la légalité des résultats provisoire, annoncés le 28 avril apparait incertaine à plusieurs égards. D’une part, ceux-ci n’ont été validés comme tels par aucun acte formel. Le code électoral disposant clairement en ses articles 35 et 36, que toute décision de la CENI est adoptée par consensus ou, à défaut par un vote de ses membres réunis en plénière sur convocation du président. D’autre part, au-delà de simple maladresse de lecture, les chiffres annoncés ont fait l’objet d’ajustement ultérieur avant leur transmission à la Cour Constitutionnelle. C’est donc, avant même que les résultats provisoires de l’élection présidentielle ne soient véritablement arrêtés qu’a commencé par courir le délai d’introduction des recours en concertation. Enfin, le procès verbal de recensement général des votes du 28 avril signé par douze (12) des dix sept (17) membres de la CENI, est vraisemblablement anti daté puisqu’il tient compte de l’ensemble des corrections opérées ultérieurement entre le 29 et 30 avril …», révélait Francis Pedro AMUZUN toujours en s’appuyant sur le rapport de l’UE.

Le vice-président de la commission des Finances à l’Assemblée Nationale, Ouro AKPO-TCHAGNAO a, quant à lui dénoncé la mauvaise gestion qui caractérise la gouvernance au sommet de l’Etat du Togo. Le député de l’ANC s‘est ainsi appesanti sur les dépenses effectuées sur le budget de l’Etat. A l’en croire, la plupart du temps, le budget voté devient déficitaire au terme de l’exercice. « Le 14 décembre 2013, il y a eu la loi appelée le rectificatif budgétaire. Mais à la fin du mois de décembre, le budget a été déficitaire de 48 milliards. Ça veut dire que le budget n’a jamais été sincère. (…) Nous avons expliqué en 2014 au parlement que le régime qui nous gère, est un régime de prédateur. Et c’est la raison pour laquelle l’ANC n’a jamais voté un budget au Togo depuis 2010 », a-t-il laissé entendre.

C’est le leader de l’ANC, Jean-Pierre FABRE qui a bouclé la série des interventions. Le chef de file de l’opposition a d’abord salué la présence des chefs traditionnels qui ont fait nombreux le déplacement pour assister au meeting. Puis a-t-il saisi l’occasion pour demander aux populations de rester mobiliser car a-t-il dit, c’est en restant mobiliser que les forces démocratiques pourront avoir gain de cause dans la lutte pour la liberté. Il a ensuite salué le travail d’entente qui se fait au sein de CAP 2015 et martelé qu’il urge que le pouvoir en place se planche sur la question de la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles. « Les réformes sont nécessaires », a-t-il indiqué. Abordant les élections locales, Jean-Pierre FABRE a dénoncé la manière cavalière par laquelle elles se préparent. Selon lui, le gouvernement tente d’imposer unilatéralement aux autres formations politiques les fruits d’un travail tronqué et biaisé, surtout gagné d’avance par le parti au pouvoir RPT-UNIR. Le leader de l’ANC a, par ailleurs fait part aux participants des démarches entreprises auprès du ministre de l’administration territoriale et des collectivités locales pour l’obtention du document ayant trait à la décentralisation. « Jusqu’à présent, le ministre refuse de me donner le document. Mais je voudrais vous informer que dès la semaine prochaine, nous nous organiseront en rang de bataille pour cela. Les jours à venir seront donc difficiles », a informé Jean-Pierre FABRE qui martèle par la suite : « Nous ne pouvons pas vivre dans un pays et que seule une catégorie d’individus vont se prévaloir la gouvernance à vie à travers le vol et la tricherie. Il est temps que tout cela cesse.»

Idelphonse Akpaki

   18 Apr 2016    by   |                 


Dans la même rubrique